michel-escatafa... さんのプロフィールMichel ESCATAFAL SPORTフォトブログリストその他 ツール ヘルプ

ブログ


12月31日

La magie du "noble art"

Ray Sugar Robinson (1921-1989)
 

Je n’ai jamais boxé de ma vie, mais j’ai toujours été fasciné par les boxeurs, du moins les grands champions. Mes premiers émois pour ce sport (j’avais moins de 10 ans) l’ont été pour Ray Sugar Robinson, extraordinaire poids moyen, dont  certains disent qu’il fut le plus grand de tous parce qu’il a rencontré et battu beaucoup de monstres sacrés qui ont laissé une trace dans l’histoire de la boxe (La Motta, Turpin, Graziano, Basilio, Fullmer etc.). Chez les Français à l’époque, la vedette s’appelait Charles Humez parce qu’il était champion d’Europe des poids moyens. J’avais été très triste quand il avait perdu son titre contre un Allemand (Scholz) en 1958.

Ce qu’il faut préciser c’est que dans les années 50 et même 60 il n’y avait pas cette ridicule litanie de champions du monde avec 17 catégories, et 4 ou 5 fédérations différentes. De plus, les combats pour un titre mondial ou continental se faisaient en 15 reprises et non 12 comme aujourd’hui. Dans ces conditions, quel boxeur de nos jours aurait une chance contre les grands anciens ? Sans doute aucun, car les meilleurs n’affrontent jamais d’adversaires de haut calibre. Et même s’ils battent des boxeurs invaincus, ceux-ci le sont après 15 ou 20 combats professionnels, alors qu’autrefois il fallait généralement avoir rencontré 40 ou 50 adversaires avant d’avoir une chance mondiale.

J’ai parlé auparavant de Charles Humez, mais dans les années 50 la France a compté 2 vrais champions du monde en 1954 et 57 à savoir Robert Cohen en poids coq (que je n’ai pas connu) et ensuite Alphonse Halimi dans la même catégorie. Ce dernier se rendra très célèbre grâce à la télévision quand, après avoir gagné un combat pour le titre européen contre un britannique au début des années 60, il s’écrira « j’ai vengé Jeanne d’Arc ». Cela dit, cette notoriété ne l’empêchera pas de finir sa vie dans le dénuement malgré des sommes importantes amassées sur les rings américains, européens ou français.

Un autre boxeur m’a beaucoup fasciné, mais cette fois un peu plus tard. Il s’appelait aussi Ray Sugar, et son nom était Léonard. Comme Ray Sugar Robinson, Ray Léonard était un prodige de vitesse et d’adresse. C’est lui qui mit fin à la carrière de Marvin Marvelous Hagler en 1987, un des deux ou trois plus grands poids moyens, à l’issue d’un combat très crispant et  indécis jusqu’à la fin, mais le verdict fut pour celui qui s’était avéré le plus malin. Pourtant Hagler avait beaucoup d’atouts avant le combat,  et notamment celui d’avoir disputé auparavant une douzaine de championnats du monde, tous conclus par des victoires. Le malheur pour lui est qu’il a affronté un extraordinaire surdoué qui avait arrêté sa carrière en 1982 en raison d’un décollement de la rétine mais qui, ayant été opéré avec succès, a repris sa carrière en 1987 pour rencontrer Hagler.

Ceux qui me font le plaisir de me lire vont être surpris que je ne parle pas de Cassius Clay devenu par la suite Mohammed Ali, mais aussi de certains boxeurs français comme Bouttier ou Menetrey qui furent d’excellents champions d’Europe. Cela dit, il y a eu beaucoup de grands champions dans ce sport et il faudrait des pages et des pages pour faire le résumé de leurs combats. Il reste à souhaiter, ce qui sera sans doute un vœu pieux, que ce sport très populaire dans la première moitié du 20è siècle retrouve une certaine crédibilité.

Pour cela il faudrait évidemment que les 4 ou 5 fédérations qui distribuent des ceintures mondiales décident de s’unifier pour n’attribuer qu’un seul titre par catégorie. Il faudrait aussi qu’il y ait, comme autrefois, une véritable hiérarchie pour arriver à combattre pour un vrai titre. Aujourd’hui on voit des boxeurs de 23 ou 25 ans qui n’ont été ni champion de France, ni champion d’Europe, disputer un titre mondial ce qui leur vaut parfois de mettre un terme prématuré à leur carrière.

A propos de carrière, certains ayant chanté pendant leurs belles années, se trouvent fort dépourvus quand l’heure de la retraite a sonné, et cela n'est pas nouveau. Alors, ils font ce que l’on appelle le combat de trop, ce qui parfois nuit à leur réputation et égratigne leur légende. Cela dit, on ne retient quand même que les bons moments qu'ils nous ont faits passer.

Michel Escatafal

12月30日

On l'attendait depuis si longtemps...

 

Commémoration des victoires françaises (stade Roland-Garros)

 

1991, année magique pour le tennis français au même titre que 1983 avec la victoire de Noah à Roland-Garros. Des années magiques, notre tennis national n’en a pas eu beaucoup depuis 1946, année  où les Français avaient gagné Wimbledon (Petra) et Roland-Garros (Bernard). Notre pays n’étant pas un grand pays sportif a toujours souffert de régularité dans les résultats. Après une période d’intense domination, grâce à une génération exceptionnelle, on retombe vite dans la médiocrité et souvent pour bien longtemps. Le tennis comme le football n’y ont pas échappé.

En tennis, tout le monde a entendu parler des fameux Mousquetaires, qui dans les années 20 et 30 ont largement dominé le tennis mondial avec Lacoste, Borotra, Cochet et Brugnon. Je ne les ai jamais vus  jouer bien évidemment,  puisque ils ont vécu leurs plus belles heures sur le court plus de 20 ans avant ma naissance, mais je sais que Lacoste a toujours figuré parmi les plus grands joueurs de tous les temps. Il a gagné sept tournois du Grand Chelem et son revers paraît-il n’avait rien à envier à celui de Rosewall.  Bref,  la France à l’époque était imbattable comme l’Australie dans les années 50 et 60 ou les Etats-Unis un peu après.

En 1991, l’équipe de France se retrouve un peu miraculeusement en finale, après avoir bénéficié de la défection des joueurs croates en demi-finale (Ivanisevic et Prpic) qui refusèrent de jouer pour la Yougoslavie. Du coup, ils se retrouvent en finale contre les Etats-Unis. Pour une fois, d’ailleurs, les Etats-Unis alignent leur meilleure  équipe et quelle équipe ! En effet, en simple les deux joueurs désignés sont Sampras et Agassi et en double, la paire n°1, Flach et Seguso. Autant dire que battre les Américains à Lyon ressemble à un Everest pour nos joueurs,  dont un (Henri Leconte) sort tout juste d’une grave opération au dos. Il fallait une sacrée dose d’optimisme pour envisager la victoire dans ces conditions, mais Guy Forget était 4è mondial et l'Equipe de France avait pour capitaine un extraordinaire meneur d'hommes.

Le capitaine à l’époque s’appelait Yannick Noah, celui qui nous avait tellement fait vibrer en 1982 en amenant l’Equipe de France en finale de la Coupe Davis et, surtout, en gagnant les Internationaux de France en 1983. Avec un tel homme il nous semblait que rien n’était impossible,  d’autant qu’il avait insufflé aux joueurs une confiance en eux inébranlable. Or en tennis, plus qu’ailleurs peut-être, la confiance est un atout capital. De plus, en valeur absolue, sur un ou deux matchs les Français pouvaient battre n’importe qui, y compris en double (la paire Forget-Leconte est la seule à avoir été invaincue dans l’histoire de la Coupe Davis). Forget venait d’ailleurs de remporter le tournoi de Bercy en battant Sampras en finale, et Leconte dans un grand jour était imbattable.

Pour ma part je me souviens surtout du premier soir, le vendredi 29 novembre, où je devais honorer une invitation professionnelle,  ce qui m’empêchait de voir les matchs en direct. Ce fut une soirée à la fois merveilleuse et terrible. Merveilleuse parce que Leconte jouait à un niveau extraordinaire au point de pulvériser Sampras en trois sets, et horrible parce que je ne pouvais pas profiter pleinement du spectacle, même si je réussissais à m’échapper de temps à autre pour voir quelques séquences du match. Agassi ayant battu Forget ensuite, le double allait être décisif. Et là nos nouveaux mousquetaires,  galvanisés par leur capitaine Noah et par un public survolté, récitèrent une partition parfaite agrémentée de quelques coups extraordinaires qui laissèrent pantois les Américains, ceux-ci s’inclinant en quatre sets.

Il restait à achever le travail le lendemain, pour remporter ce fameux troisième point qui décide de la victoire finale, mais curieusement tout le monde était confiant. En effet, Guy Forget connaissait la forme de sa vie et,  s’il le fallait, Leconte était parfaitement capable sur son nuage de battre Agassi. Finalement, Forget remporta son match sans trop de difficultés en quatre sets, avec une balle de match qu’il négocia comme dans un rêve, une balle à mi-court sur laquelle il marqua un petit temps d’arrêt comme s’il voulait profiter pleinement de cet instant à la fois magique et irréel.

La France avait gagné la coupe Davis 59 ans après sa dernière victoire dans l’épreuve. Qui plus est, elle l’avait gagnée face aux Etats-Unis et sa formidable armada. Elle l’avait remportée aussi face à une équipe qui était la meilleure possible, ce qui n’est pas toujours le cas. La France gagnera de nouveau en 1996, mais face à la Suède privée d’Edberg son meilleur joueur. Plus probante fut sa dernière victoire remportée  en Australie (2001), sur herbe, avec un Nicolas Escudé  qui remporta ses deux simples dont un contre Hewit qui venait de remporter le Masters. Ce fut une très belle performance, mais la victoire de 1991 restera à jamais comme un des hauts faits d’armes du sport français.

Michel Escatafal

12月29日

Un si beau record

 

Il y a des moments magiques dans la vie de toute personne aimant le sport et ce 1er septembre 1990 en fut un. Les Français ont eu de tout temps des sprinters de qualité, surtout à l'échelle européenne. Mais, surtout, ils ont eu depuis le début des années 60 des relais 4X100 m de très grande qualité. Il n'y a pas de secret à cela : les Français sachant qu'ils allaient moins vite que les Américains ou les Jamaïcains travaillaient beaucoup plus leurs passages de témoin. C'est la raison pour laquelle tous les relais français (masculin et féminin) collectionnent les médailles. Alors, on imagine ce que cela donne quand on a un groupe de sprinters très rapides. C'était le cas avec les Français en 1990 avec Marie-Rose, recorman du monde en salle du 200m, avec Trouabal, Sangouma (2è du 100 m aux championnats d'Europe 1990) et Morinière. Tous valaient entre 10" et 10"15 au 100 mètres. Ils étaient trois en finale sur 100m au championnats d'Europe 1990 et Trouabal était 2è sur 200m.
En finale ils affrontaient les Britanniques emmenés par Linford Christie, champion d'Europe du 100m en 1990 et futur champion olympique à Barcelone. Le grand combat devait avoir lieu le dernier jour des championnats pour la suprématie européenne. Ce fut somptueux et quand au sortir du dernier virage Trouabal, qui avait fait un fabuleux parcours au même titre que Sangouma dans la ligne droite, passa le relais à Marie-Rose avec environ 1m d'avance j'ai su immédiatement que c'était gagné. Marie-Rose en effet, comme je l'avais prévu, ne perdit quasiment rien sur Christie et les Français l'emportèrent. Restait à regarder le temps réalisé car on sentait qu'on était allé très vite. Verdict : 39"79, c'est-à-dire le record du monde. C'était tout bonnement un des grands exploits du sport français et pourtant tout ne fut pas parfait au niveau des transmissions.
Les Français confirmeront ce résultat l'année suivante aux championnats du monde, en terminant 2è, médaille d'argent, derrière les Etats-Unis avec le grand Carl Lewis, mais aussi Leroy Burrell, tous deux figurant parmi les plus grands sprinters de tous les temps. Malgré tout ils finirent très proches des Américains, pourtant infiniment plus véloces. Comme quoi le travail paie. Les relais français en ont toujours fait la preuve. D'ailleurs avec 4 sprinters incapables de passer le cap des demi-finales ou quart de finales au championnats du monde de 2005, le relais français avait remporté la médaille d'or du 4X100 m. Cela dit, les Américains avaient été déclassés avant la finale. Cela ramène l'exploit à sa juste proportion, même si cela en fut un d'avoir gagné.
 
Michel Escatafal
12月27日

Qui est le meilleur?

 

Peloton du Tour de France

Le peloton du Tour de France

 

Amateur de cyclisme depuis toujours, j’ai essayé très souvent de faire de savants calculs afin de déterminer quel a été le plus grand champion de tous les temps. Faute d’informations fiables, je me suis ensuite cantonné à étudier le palmarès des coureurs cyclistes depuis la fin de la guerre en 1945 jusqu’à nos jours. Bien entendu, je continue de penser que cette méthode n’est sans doute pas la meilleure, en tout cas elle est peut-être la moins mauvaise.

Il est en effet impensable de comparer des coureurs comme Coppi, Anquetil, Merckx, Hinault, Indurain ou Armstrong et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord,  chaque époque a son champion, mais il y a des périodes où les grands étaient très nombreux. Par exemple dans les années 50, Coppi a dû affronter dans les grands tours Koblet, Bobet, Kubler, Magni, sans oublier Bartali même si ce dernier était vieillissant.

 En revanche, à la notable exception d’Ullrich, aucun coureur ne pouvait réellement rivaliser avec  Armstrong sur le Tour de France. Cela dit, à part le Tour de France, que faisait Armstrong pendant le reste de la saison ? Peu de choses si on compare l’activité qu’avaient un Coppi, un Merckx ou un Hinault qui gagnaient des classiques au printemps, le Giro et le Tour ensuite, le Championnat du Monde, le Grand Prix des Nations contre-la-montre, sans oublier le Tour de Lombardie.

A ce propos, si nous devons faire des comparaisons, il faut aussi regarder la variété des victoires remportées. Merckx a gagné tous les grands tours et la quasi-totalité des classiques. Hinault à un degré moindre a les mêmes caractéristiques. Coppi également a remporté les Tours de France et d’Italie et s’est imposé dans quelques grandes classiques comme Milan San Remo, Paris Roubaix ou le Tour de Lombardie. En revanche, Anquetil qui fut le roi des rouleurs n’a gagné que Gand-Wevelgem et Liège Bastogne Liège, soit un palmarès dans les classiques quasiment équivalent à celui d’Armstrong  et légèrement supérieur à celui d’Indurain. Il est vrai qu’à part Merckx et Hinault capables de gagner un sprint massif, les autres cracks manquaient de vitesse à l’emballage.

Autant d’éléments qui démontrent aisément que ces comparaisons ne sont pas faciles, mais qui permettent de se faire une idée comme en témoigne le classement que je vous propose, en précisant que les résultats ne concernent que la route. Sinon, un coureur comme Coppi serait très avantagé avec ses titres en poursuite, car le campionissimo était un très grand pistard tout comme Eddy Merckx. Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’il a passé une partie de ses plus belles années de jeunesse comme prisonnier ou sur les champs de bataille (de 1942 à 1945). Quel serait son palmarès sans cela ?

Cela dit, pour bien vous montrer que je me jette à l’eau, je vous envoie les résultats de mon "étude" qui donnent quand même de solides indications sur la hiérarchie des coureurs à travers le temps. D’ailleurs qui oserait prétendre que Merckx, Hinault et Coppi ne sont pas un ton au dessus de tous les autres ? Qui oserait contester que Rick Van Looy ait été sans doute le meilleur coureur de classiques ? Qui enfin, peut imaginer que Charly Gaul, l’Ange de la Montagne, et Federico  Bahamontès, l’Aigle de Tolède, n’aient pas été les meilleurs grimpeurs de tous les temps ? Je vous laisse le soin de méditer sur ces affirmations.

Classement des 20 premiers : Merckx, Hinault, Coppi, Anquetil, Kelly, Bartali, Armstrong, Indurain, Van Looy, Gimondi, De Vlaminck, Bobet, Moser, Kubler, Raas, Zoetemelk, Van Steenbergen, Maertens, Koblet, Rominger.

Michel Escatafal

 

 

Un coucher de soleil à Berne

 

Sandor Kocsis en 1953, surnommé Tête d'Or, membre de la grande Equipe de Hongrie

 

Il y a des images dans la vie qui nous marquent plus que d’autres  et le sport, pour ceux qui l’aiment évidemment, est un vivier extrêmement riche à ce sujet. Par exemple, chaque fois que j’ai des difficultés à voir devant moi à cause du soleil couchant, je ne cesse de penser à la finale de la Coupe d’Europe de 1961 à Berne opposant le F.C. Barcelone au Benfica de Lisbonne. Pour mémoire, je rappellerai que le club catalan était archi favori de cette finale, ne serait-ce que parce qu’il avait éliminé le grand Real Madrid (déjà 5 victoires en finale). Ce dernier, il faut bien le dire, arrivait en fin de cycle parce que ses meilleurs joueurs étaient soient partis, soient surtout trop âgés, ce qui ne l’avait pas empêché d’avoir pulvérisé en finale l’année d’avant l’Eintracht Francfort, le champion d’Allemagne (7 à 3).

Par parenthèse, je dis cela pour les plus jeunes, à l’époque la Ligue des Champions n’existait pas, et seul le champion du pays avait le droit de représenter sa ligue, la seule exception étant que le vainqueur de la Coupe d’Europe était automatiquement qualifié pour l’année suivante. Aujourd’hui, depuis 1992 il peut y avoir jusqu’à 4 clubs par pays, ce qui dénature quelque peu la compétition et empêche certains pays d’y participer, malgré les efforts faits par Michel Platini pour essayer d’aménager le système. Pas facile car les grands clubs connaissent leur pouvoir.

Mais revenons donc à ce soleil couchant du 31 mai 1961. S’affrontaient le champion d’Espagne et le champion du Portugal, deux équipes dont l’une (le FC Barcelone) regroupait 5 ou 6 des meilleurs joueurs de la planète à savoir, le gardien Ramallets qui devait avoir 40 ans, plus un grand joueur brésilien Evaristo (avant-centre), le meilleur joueur espagnol et européen de l’époque Suarez, un joueur ayant eu la particularité de porter le maillot de 3 équipes nationales différentes (Kubala), et deux attaquants (Kocsis et Czibor) ex-membres de ce que beaucoup considèrent encore de nos jours comme la plus grande équipe de tous les temps, la grande Hongrie des années 50 avec ses Grosics, Boszik, Lorant, Hidejkuti, ou Puskas.

En face, il y avait Benfica avec certes des grands joueurs, mais pour la plupart encore inconnus du grand public (Costa Pereira, Neto, Cruz, Coluna, Cavem, Aguas) à l’exception de l’ailier droit Augusto. Ils devaient donc se faire manger par l’ogre catalan, mais il n’en fut rien bien au contraire. En effet, alors que Kocsis, le meilleur joueur de tête que le football ait connu, avait ouvert le score, les Portugais égalisèrent avant que Ramallets, pourtant un très grand gardien, ne soit gêné par le soleil couchant et encaisse un but  « casquette » qui allait décider du sort du match.

En effet, malgré les efforts des Catalans qui en outre tirèrent plusieurs fois sur les poteaux ou la barre, Benfica l’emporta par 3 buts à 2. Il récidivera d’ailleurs l’année suivante en battant le Real en finale par 5 buts à 3. Le FC Barcelone en revanche ne se remettra pas avant de longues années de cette défaite qui marquera la fin de la génération dorée des ex-Hongrois. Il remportera sa première victoire en 1992.

Voilà ce que me rappelle constamment un coucher de soleil, que je sois à pied ou en voiture : l’erreur de Ramallets à Berne, terrain maudit pour les Hongrois présents sur le terrain qui avaient perdu à la surprise générale la finale de la Coupe du Monde 1954 contre l’Allemagne. Cela dit, je suis persuadé que sans les évènements de Budapest en 1956, et l’exode de leurs meilleurs joueurs, ils auraient gagné celle de 1958 en Suède.

Michel Escatafal