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May 06 Deux boxeurs français champions d'Europe...Ainsi donc la France a deux champions d'Europe de boxe avec Bernard Inom (poids mouche) et Jean-Marc Monrose (poids lourd-légers), ce qui ne lui était plus arrivé depuis un moment. Cela étant que valent de nos jours des titres de champion d'Europe? J'aimerais dire que cela reste un titre européen, mais j'ai peur de mentir et de me mentir à moi-même, car de nos jours un titre européen en boxe est très dévalué. La faute à quoi ou à qui?
La faute au système qui a multiplié les catégories et les fédérations, même si c'est la seule EBU qui gère les championnats d'Europe. En effet, il y a aujourd'hui le double de catégories qu'à l'époque où la boxe était considérée comme un sport majeur, c'est à dire jusque dans les années 50 ou 60. Il y avait en effet à ce moment 8 catégories qui étaient les suivantes : poids mouches, poids plumes, poids coqs, poids légers, poids welters, poids moyens, poids mi-lourds et poids lourds. Aujourd'hui on a rajouté des super quelque chose pratiquement dans toutes les catégories. De plus, comme il y a quatre voire même cinq fédérations censées régir la boxe, cela fait une cinquantaine de ceintures mondiales. Je n'ose même plus dire champions du monde tellement ce vocable est surrané pour la boxe. Dans ces conditions, pour un boxeur d'aujourd'hui, il suffit d'avoir remporté quelques victoires pour avoir une chance dite mondiale. Bien entendu, les boxeurs qui pensent avoir cette chance ne sont pas intéressés par un championnat d'Europe. C'est comme cela qu'on se retrouve avec des titres européens très dévalués, alors qu'autrefois être champion d'Europe voulait vraiment dire quelque chose. Les Français ont eu quelques grands champions qui ont été de vrais champions d'Europe par le passé. Citons pêle-mêle en remontant jusque dans les années 50 des boxeurs comme Langlois, Charles Humez, Chérif Hamia, Alphonse Halimi qui fut champion du monde, Gracieux Lamperti, Jean Josselin, Roger Ménetrey, Jean-Claude Bouttier, Gratien Tonna, René Roques pour ne citer que les plus connus. Je sais que j'en oublie quelques uns, mais les noms que je viens de citer sont très parlants pour les plus anciens d'entre nous, car ces boxeurs étaient de très grande qualité et avaient tous obtenu une chance d'être champion du monde. Ensuite il y eut notamment Christophe Tiozzo et Laurent Boudouani qui furent en amateurs médaillés olympiques, ce qui est un gage de grande classe comme on peut le constater de nos jours avec Brahim Asloum. Cela dit Tiozzo, Boudouani et bien sûr Asloum n'appartiennent pas à la catégorie de ceux que j'ai cités en premier, car eux ont vécu ou vivent l'ère des multi champions du monde. Cette ère a tellement dévalué la boxe qu'on s'est retrouvé avec des boxeurs détenteurs de titres dans cinq catégories différentes. Certes ce n'était pas n'importe qui, puisque ces boxeurs qui auraient pu rivaliser avec les géants du passé s'appelaient Sugar Ray Leonard ou Thomas Hearns, mais cinq titres différents ça ne fait pas très sérieux même pour eux. Les géants dont je parlais (Robinson, Olson, Griffith etc) étaient déjà bien heureux quand ils avaient été champions du monde dans deux catégories différentes, alors on imagine quand on parle de cinq catégories... Voilà pourquoi, je crois qu'il faut simplement être satisfait de voir deux boxeurs français champions d'Europe, en espérant que l'un d'entre eux pourra aller un peu plus loin et décrocher une des multiples ceintures de leur catégorie comme l'ont fait les frères Tiozzo, Boudouani, Jacquot ou plus près de nous Monshipour ou Mormeck. Tous ces boxeurs étaient assez doués et auraient peut-être (ou sans doute) pu, pour quelques uns d'entre eux, décrocher une ceinture européenne il y a quelques décennies. C'est la raison pour laquelle les amateurs de boxe se rappellent leur nom. Espérons que dans dix ou vingt ans on se rappellera de Bernard Inom et Jean-Marc Monrose, car cela signifierait qu'ils ont fait une carrière honorable. Michel Escatafal December 31 La magie du "noble art"Ray Sugar Robinson (1921-1989)
Je n’ai jamais boxé de ma vie, mais j’ai toujours été fasciné par les boxeurs, du moins les grands champions. Mes premiers émois pour ce sport (j’avais moins de 10 ans) l’ont été pour Ray Sugar Robinson, extraordinaire poids moyen, dont certains disent qu’il fut le plus grand de tous parce qu’il a rencontré et battu beaucoup de monstres sacrés qui ont laissé une trace dans l’histoire de la boxe (La Motta, Turpin, Graziano, Basilio, Fullmer etc.). Chez les Français à l’époque, la vedette s’appelait Charles Humez parce qu’il était champion d’Europe des poids moyens. J’avais été très triste quand il avait perdu son titre contre un Allemand (Scholz) en 1958. Ce qu’il faut préciser c’est que dans les années 50 et même 60 il n’y avait pas cette ridicule litanie de champions du monde avec 17 catégories, et 4 ou 5 fédérations différentes. De plus, les combats pour un titre mondial ou continental se faisaient en 15 reprises et non 12 comme aujourd’hui. Dans ces conditions, quel boxeur de nos jours aurait une chance contre les grands anciens ? Sans doute aucun, car les meilleurs n’affrontent jamais d’adversaires de haut calibre. Et même s’ils battent des boxeurs invaincus, ceux-ci le sont après 15 ou 20 combats professionnels, alors qu’autrefois il fallait généralement avoir rencontré 40 ou 50 adversaires avant d’avoir une chance mondiale. J’ai parlé auparavant de Charles Humez, mais dans les années 50 la France a compté 2 vrais champions du monde en 1954 et 57 à savoir Robert Cohen en poids coq (que je n’ai pas connu) et ensuite Alphonse Halimi dans la même catégorie. Ce dernier se rendra très célèbre grâce à la télévision quand, après avoir gagné un combat pour le titre européen contre un britannique au début des années 60, il s’écrira « j’ai vengé Jeanne d’Arc ». Cela dit, cette notoriété ne l’empêchera pas de finir sa vie dans le dénuement malgré des sommes importantes amassées sur les rings américains, européens ou français. Un autre boxeur m’a beaucoup fasciné, mais cette fois un peu plus tard. Il s’appelait aussi Ray Sugar, et son nom était Léonard. Comme Ray Sugar Robinson, Ray Léonard était un prodige de vitesse et d’adresse. C’est lui qui mit fin à la carrière de Marvin Marvelous Hagler en 1987, un des deux ou trois plus grands poids moyens, à l’issue d’un combat très crispant et indécis jusqu’à la fin, mais le verdict fut pour celui qui s’était avéré le plus malin. Pourtant Hagler avait beaucoup d’atouts avant le combat, et notamment celui d’avoir disputé auparavant une douzaine de championnats du monde, tous conclus par des victoires. Le malheur pour lui est qu’il a affronté un extraordinaire surdoué qui avait arrêté sa carrière en 1982 en raison d’un décollement de la rétine mais qui, ayant été opéré avec succès, a repris sa carrière en 1987 pour rencontrer Hagler. Ceux qui me font le plaisir de me lire vont être surpris que je ne parle pas de Cassius Clay devenu par la suite Mohammed Ali, mais aussi de certains boxeurs français comme Bouttier ou Menetrey qui furent d’excellents champions d’Europe. Cela dit, il y a eu beaucoup de grands champions dans ce sport et il faudrait des pages et des pages pour faire le résumé de leurs combats. Il reste à souhaiter, ce qui sera sans doute un vœu pieux, que ce sport très populaire dans la première moitié du 20è siècle retrouve une certaine crédibilité. Pour cela il faudrait évidemment que les 4 ou 5 fédérations qui distribuent des ceintures mondiales décident de s’unifier pour n’attribuer qu’un seul titre par catégorie. Il faudrait aussi qu’il y ait, comme autrefois, une véritable hiérarchie pour arriver à combattre pour un vrai titre. Aujourd’hui on voit des boxeurs de 23 ou 25 ans qui n’ont été ni champion de France, ni champion d’Europe, disputer un titre mondial ce qui leur vaut parfois de mettre un terme prématuré à leur carrière. A propos de carrière, certains ayant chanté pendant leurs belles années, se trouvent fort dépourvus quand l’heure de la retraite a sonné, et cela n'est pas nouveau. Alors, ils font ce que l’on appelle le combat de trop, ce qui parfois nuit à leur réputation et égratigne leur légende. Cela dit, on ne retient quand même que les bons moments qu'ils nous ont faits passer. Michel Escatafal |
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