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May 08 Pauvre tennis français !En lisant les journaux ce matin, je viens de découvrir que Richard Gasquet vient de gagner un match à Rome...en double avec Santoro, contre une paire italienne quasi inconnue. Décidément le tennis français reste le temple des espoirs déçus. Chaque fois qu'un joueur réussit une grande performance, ce ne sont que cocoricos en se disant que cette fois on tient le successeur de Noah. Et puis, quelques tournois plus tard, ces joueurs retrouvent l'anonymat dans lequel ils semblent si bien se complaire.
Il y a peu, c'était Tsonga le successeur de Noah après sa finale à Melbourne, dépassant en espérance Gasquet lui-même. On oublie que Melbourne est le tournoi du Grand Chelem qui est le plus abordable pour nombre de joueurs, parce que c'est quasiment le premier de l'année, ce qui explique la réussite de certains. Même Johansson, un joueur suédois solide mais sans génie, l'a emporté en 2002. Arnaud Clément pour sa part avait été en finale en 2001, avant de se faire étriller par André Agassi, ce qui était normal parce que les grands restent des grands. Et eux gagnent toute l'année.
Pour revenir au cas Gasquet, rappelons qu'il a à peu près le même âge que Nadal et que tout le monde disait qu'en junior ils étaient quasiment au même niveau. Que sont-ils devenus? Nadal a déjà gagné 3 Roland-Garros et est numéro 2 mondial. Il a grandi et est parti à l'assaut de Roger Federer au risque d'empêcher ce dernier de gagner Roland-Garros et de ne pas réaliser le Grand Chelem. Combien de tournois majeurs aura-t-il gagné dans 5 ans? Sans doute 5 ou 6 ou 7 voire plus, ce qui hélas ne sera pas le cas de Gasquet à moins que dernier, qui est quand même très doué, ne se remette totalement en question et ne joue plus les divas à l'ombre de son père.
Pour les filles ce sera la même chose. Amélie Mauresmo et Mary Pierce retirées des courts, on ne verra pas de Françaises gagner Roland-Garros, Wimbledon, Melbourne ou Flishing Meadow. C'est comme cela et c'est dommage, mais est-ce que nous méritons mieux? Sans doute pas car pour nous Français, le tennis se limite à Roland-Garros, la Coupe Davis ou la Fed Cup quand nous sommes qualifiés. Cela veut dire que, contrairement à beaucoup d'autres pays, on ne voit jamais de tennis en dehors de ces évènements à la télévision. Si l'on veut voir la finale des autres tournois du Grand-Chelem, il faut avoir une parabole ou un abonnement à une chaîne cryptée, sauf si...un Français est en finale. Autant dire très rarement et, malheureusement, cela pourrait durer encore un bon moment, d'autant que même en Coupe Davis nous ne faisons plus illusion.
Michel Escatafal January 14 Le tennis français paraît plus riche qu’il ne l’est en réalité
Court Margaret Court à Melbourne - Open d'Australie Quel est le pays qui est le mieux représenté à Melbourne à l’Open d’Australie dans le tableau final, hommes et femmes confondus ? Réponse : la France, et ce n’est pas nouveau. Cela étant, combien seront-ils en 1/8è de finales ? En espérant très vivement me tromper, ils ne seront pas plus de 3 ou 4 et ce sera déjà un beau résultat. Nous avons en effet une très grosse densité, fruit d’un travail de formation sans doute à nul autre pareil, mais il nous manque l’essentiel à savoir le crack qui nous permettra de gagner régulièrement les tournois du Grand Chelem. Nous avons eu cette chance avec les féminines pendant presque une dizaine d’années grâce à deux joueuses de qualité exceptionnelle qui nous ont permis de remporter 4 victoires dans les tournois majeurs. Ces deux joueuses étaient Mary Pierce qui a gagné en Australie et à Roland-Garros, et Amélie Mauresmo qui a remporté la victoire en Australie et à Wimbledon. Voilà un bilan tout à fait honorable auquel il faut ajouter un Masters (A. Mauresmo) et une Fed Cup. Cela étant, aujourd’hui Mary Pierce est sans doute très proche de la retraite, à force d’essayer de guérir des blessures récurrentes, et Amélie Mauresmo essaie de se reconstruire après une longue période de doute, due là aussi à plusieurs blessures. Théoriquement avec autant de loueurs ou de joueuses bien classés, nous devrions en avoir plusieurs dans les 5 ou 10 premiers, un peu ce qui s’est passé ces dernières années avec Amélie Mauresmo qui a été une bonne partie de l’année 2006 numéro une mondiale ou Mary Pierce qui a longtemps figuré parmi les cinq premières. Cela ne nous était pas arrivé depuis la grande époque Noah, Leconte qui, toutefois, ont remporté moins de tournois majeurs que nos deux championnes. En fait à part Noah à Roland Garros, la France n’a jamais remporté de tournoi du Grand Chelem chez les hommes depuis 1946, ce qui veut qu’elle n’en a gagné qu’un depuis les débuts de l’ère open (1968), contre quatre chez les femmes auxquelles il faut ajouter la victoire de Françoise Durr en 1967 à Roland-Garros. On est loin évidemment de pays comme les Etats-Unis ou l’Australie, même s’ils sont un peu moins brillants de nos jours, ou même comme la Suède ou l’Allemagne. Les Etats-Unis comme l’Australie ont en effet donné au tennis de nombreux joueurs qui ont marqué l’histoire de ce sport. Nous ne pouvons pas en faire l’énumération, mais on peut citer Gonzalès, Connors, Mac Enroe, Agassi, Sampras chez les Américains, ou Sedgman, Hoad, Rosewall, Laver, Emerson, Newcombe chez les Australiens. On n’oubliera pas non plus chez les Suédois les noms de Borg, Wilander, Edberg, autant de joueurs qui (à part Pancho Gonzalès qui ne pouvait pas y participer à son époque parce que professionnel) ont remporté au moins six ou sept tournois du Grand Chelem, et qui ont participé activement aux victoires de leur pays en Coupe Davis. Aujourd’hui le tennis est dominé par un joueur (Federer) ou une joueuse (Justine Henin) issus de petits pays comme on a coutume de dire, qui de surcroît n’ont pas eu jusqu’à ces dernières années de grande tradition tennistique. Sur le plan quantitatif, les Espagnols chez les hommes et les Russes chez les dames sont ceux qui ont le plus de joueurs dans le top 20. La densité du tennis espagnol est d’ailleurs impressionnante, même si elle se manifeste surtout sur la terre battue. Elle est plus variée chez les féminines russes qui s’adaptent à toutes les surfaces. Alors après avoir fait ce petit tour d’horizon, il reste à souhaiter qu’un ou une française réussisse enfin à provoquer la surprise que l’on attend. Les Internationaux d’Australie, parce qu’ils ont lieu en début de saison, sont souvent le théâtre de surprises comme on a pu le voir avec la victoire du Suédois Johansson en 2002, ou l’accession en finale de Clément, de Schuettler ou Baghdatis qui n’avaient jamais été à pareille fête. Alors espérons que Gasquet concrétise enfin les espoirs qu’il a laissé apparaître dans les compétitions de jeunes, et qu’il a commencé à confirmer l’an passé en se qualifiant pour le Masters. Et puis, si Amélie Mauresmo n’est pas victime de quelques bobos dont elle a l’habitude, rien ne dit qu’on ne la retrouve pas très loin dans le tournoi et pourquoi pas en finale. Après tout c’est bien elle qui a gagné il y a deux ans. Michel Escatafal December 30 On l'attendait depuis si longtemps...
1991, année magique pour le tennis français au même titre que 1983 avec la victoire de Noah à Roland-Garros. Des années magiques, notre tennis national n’en a pas eu beaucoup depuis 1946, année où les Français avaient gagné Wimbledon (Petra) et Roland-Garros (Bernard). Notre pays n’étant pas un grand pays sportif a toujours souffert de régularité dans les résultats. Après une période d’intense domination, grâce à une génération exceptionnelle, on retombe vite dans la médiocrité et souvent pour bien longtemps. Le tennis comme le football n’y ont pas échappé. En tennis, tout le monde a entendu parler des fameux Mousquetaires, qui dans les années 20 et 30 ont largement dominé le tennis mondial avec Lacoste, Borotra, Cochet et Brugnon. Je ne les ai jamais vus jouer bien évidemment, puisque ils ont vécu leurs plus belles heures sur le court plus de 20 ans avant ma naissance, mais je sais que Lacoste a toujours figuré parmi les plus grands joueurs de tous les temps. Il a gagné sept tournois du Grand Chelem et son revers paraît-il n’avait rien à envier à celui de Rosewall. Bref, la France à l’époque était imbattable comme l’Australie dans les années 50 et 60 ou les Etats-Unis un peu après. En 1991, l’équipe de France se retrouve un peu miraculeusement en finale, après avoir bénéficié de la défection des joueurs croates en demi-finale (Ivanisevic et Prpic) qui refusèrent de jouer pour la Yougoslavie. Du coup, ils se retrouvent en finale contre les Etats-Unis. Pour une fois, d’ailleurs, les Etats-Unis alignent leur meilleure équipe et quelle équipe ! En effet, en simple les deux joueurs désignés sont Sampras et Agassi et en double, la paire n°1, Flach et Seguso. Autant dire que battre les Américains à Lyon ressemble à un Everest pour nos joueurs, dont un (Henri Leconte) sort tout juste d’une grave opération au dos. Il fallait une sacrée dose d’optimisme pour envisager la victoire dans ces conditions, mais Guy Forget était 4è mondial et l'Equipe de France avait pour capitaine un extraordinaire meneur d'hommes. Le capitaine à l’époque s’appelait Yannick Noah, celui qui nous avait tellement fait vibrer en 1982 en amenant l’Equipe de France en finale de la Coupe Davis et, surtout, en gagnant les Internationaux de France en 1983. Avec un tel homme il nous semblait que rien n’était impossible, d’autant qu’il avait insufflé aux joueurs une confiance en eux inébranlable. Or en tennis, plus qu’ailleurs peut-être, la confiance est un atout capital. De plus, en valeur absolue, sur un ou deux matchs les Français pouvaient battre n’importe qui, y compris en double (la paire Forget-Leconte est la seule à avoir été invaincue dans l’histoire de la Coupe Davis). Forget venait d’ailleurs de remporter le tournoi de Bercy en battant Sampras en finale, et Leconte dans un grand jour était imbattable. Pour ma part je me souviens surtout du premier soir, le vendredi 29 novembre, où je devais honorer une invitation professionnelle, ce qui m’empêchait de voir les matchs en direct. Ce fut une soirée à la fois merveilleuse et terrible. Merveilleuse parce que Leconte jouait à un niveau extraordinaire au point de pulvériser Sampras en trois sets, et horrible parce que je ne pouvais pas profiter pleinement du spectacle, même si je réussissais à m’échapper de temps à autre pour voir quelques séquences du match. Agassi ayant battu Forget ensuite, le double allait être décisif. Et là nos nouveaux mousquetaires, galvanisés par leur capitaine Noah et par un public survolté, récitèrent une partition parfaite agrémentée de quelques coups extraordinaires qui laissèrent pantois les Américains, ceux-ci s’inclinant en quatre sets. Il restait à achever le travail le lendemain, pour remporter ce fameux troisième point qui décide de la victoire finale, mais curieusement tout le monde était confiant. En effet, Guy Forget connaissait la forme de sa vie et, s’il le fallait, Leconte était parfaitement capable sur son nuage de battre Agassi. Finalement, Forget remporta son match sans trop de difficultés en quatre sets, avec une balle de match qu’il négocia comme dans un rêve, une balle à mi-court sur laquelle il marqua un petit temps d’arrêt comme s’il voulait profiter pleinement de cet instant à la fois magique et irréel. La France avait gagné la coupe Davis 59 ans après sa dernière victoire dans l’épreuve. Qui plus est, elle l’avait gagnée face aux Etats-Unis et sa formidable armada. Elle l’avait remportée aussi face à une équipe qui était la meilleure possible, ce qui n’est pas toujours le cas. La France gagnera de nouveau en 1996, mais face à la Suède privée d’Edberg son meilleur joueur. Plus probante fut sa dernière victoire remportée en Australie (2001), sur herbe, avec un Nicolas Escudé qui remporta ses deux simples dont un contre Hewit qui venait de remporter le Masters. Ce fut une très belle performance, mais la victoire de 1991 restera à jamais comme un des hauts faits d’armes du sport français. Michel Escatafal |
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