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    July 04

    Pour information

    Pour ceux qui viennent sur ce site, je vous informe que j'écris désormais mes articles sur le sport à l'adresse suivante : http://mesca-sport.hautetfort.com. Merci d'en prendre note. A bientôt. Michel escatafal
    May 11

    Résultats de la première étape du Giro 2008

     

    Je ne vais pas vous donner les résultats de chaque étape du tour d’Italie, mais hier la première étape a été remportée par l’équipe américaine Slipstream qui a fait du cyclisme propre son cheval de bataille. Cela prouve que l’on peut gagner sans tricher, et que le vélo est vraiment devenu un sport crédible en matière d’éthique.

    N’oublions pas que Slipstream a battu les meilleures équipes du peloton, puisque le Giro édition 2008 rassemble les meilleurs coureurs et les meilleures équipes. Certes, Slipstream est d’abord une équipe de grands rouleurs avec Backstead, Millar,, Vandevelde et Zabriskie. Il n’empêche, elle a remporté une magnifique victoire, et pour la première fois depuis  vingt ans un Américain portera le maillot rose au départ de Cefalu. Quelle merveilleuse récompense pour eux et pour tous ceux qui aiment le vélo !

    Un dernier mot enfin : Millar qui a avoué s’être dopé et qui a fait de la lutte contre le dopage sa raison de continuer à courir a affirmé hier qu’actuellement le dopage a presque disparu du peloton. En effet, s’il admet que quelques uns réussissent encore à passer à travers les mailles du filet, il est convaincu que la grande majorité des coureurs ne se dopent pas ou plus.  Voilà qui est réconfortant et c’est pour cela que ceux qui aiment le vélo doivent continuer à le défendre bec et ongles.

    Michel Escatafal

     

    Un plateau de rêve pour le Giro 2008

    Le Giro 2008 présente à coup sûr cette année un plateau exceptionnel, qui n’est pas sans rappeler ceux du passé, à l’époque où une victoire dans le Tour d’Italie valait largement une victoire dans le Tour de France. C’était le cas dans les années 40, 50, 60,70 et même 80 et 90. En revanche,  depuis la fin des années 90 jusqu’à l’an passé, beaucoup pensaient que le Tour avait définitivement relégué  le Giro dans l’ombre. Et bien cette année ce ne sera pas le cas, et l’on peut prévoir quelques batailles somptueuses dans les Dolomites ou dans les contre-la-montre,  à l’image de ce qui s’était passé dans quelques éditions demeurées célèbres à tout jamais.
     

    On se rappellera les duels extraordinaires que se sont livrés Fausto Coppi et Gino Bartali en 1949, ou encore le même Fausto Coppi et Hugo Koblet en 1953, Nencini et Bobet en 1957, Charly Gaul et Anquetil en 1959, Merckx et Gimondi en 1970 et 73, Merckx et Fuente en 1972, Moser et Fignon en 1984, Hinault et  Moser en 1985, Indurain et Chiapucci en 1992, pour ne citer que ceux qui ont été les plus marquants. Il faut noter à ce propos que ces affrontements que nous venons d’évoquer concernaient les meilleurs coureurs de l’époque, ce que les Italiens appellent des fuoriclasse.

    Si nous revenons en 2008, nous aurons demain  au départ du Giro les meilleurs spécialistes des  grandes courses à étapes, à l’exception de Damiano Cunego (vainqueur du Giro 2004), de Cadel Evans et de Carlos Sastre,  ces deux derniers  n’ayant toutefois  jamais remporté ni le Tour de France, ni le Tour d’Italie, ni le Tour d’Espagne, ni même le Tour de Suisse. En revanche l’organisateur du Giro 2008 peut s’enorgueillir d’avoir dans sa liste des engagés, les vainqueurs des 4 grands tours en 2007, mais aussi tous les vainqueurs du Giro depuis 2000 sauf Cunego et Basso qui est suspendu jusqu’en octobre.

    A cette liste s’ajoutent aussi Kloden qui vient de remporter le Tour de Romandie et qui a terminé deux fois 2è du Tour de France, sans oublier Leipheimer qui a fini 3è l’an passé de ce même Tour de France. Par ailleurs, malgré l’absence de Petacchi, il y a quantité de très bons sprinters comme Mac Ewen, Bennati, O’Grady, Hondo, Cavendish ou Zabel, plus quelques grands rouleurs comme Zabriskie, Millar, Wiggins, sans oublier le vainqueur de Paris-Nice,  Rebellin,  ou des coureurs comme Bettini, le champion du monde, Jens Voigt, Rico le grand espoir italien ou le russe Efimkin. Bref, un plateau de rêve, alors que celui du Tour de France apparaît bien maigrelet en comparaison.

    Comment en est-on arrivé là ? En fait, cela pendait au nez des organisateurs d’ASO , car pour ma part je n’ai jamais cru que la solidarité des organisateurs des grands tours irait jusqu’à se priver des meilleurs coureurs du peloton. De plus, quelle aubaine pour Angelo Zomegnan, le directeur du Giro, que de pouvoir  redonner à peu de frais tout son lustre à son épreuve. Il l’a fait d’autant plus volontiers,  qu’il n’était pas question non plus pour les organisateurs du Tour d’Espagne de se priver de Contador pour la prochaine édition de la Vuelta.

    Dans cette affaire ASO, l’organisateur du Tour, se retrouve plus  isolé que jamais au grand plaisir de l’Union Cycliste Internationale,  qui s’est réjouie de voir tous  les meilleurs coureurs ou presque disputer le Giro et, surtout, infliger un camouflet à ASO. Il est à craindre pour cette dernière que ce ne soit pas le dernier, même si les arguments pour refuser l’engagement de quelques équipes ayant eu maille à partir avec le dopage peuvent se justifier sur le plan de l’éthique. Malgré tout, heureusement pour ASO qu’ils sont propriétaires de  grandes classiques comme Paris-Roubaix, Paris-Tours ou les Ardennaises!

    Tout ceci nous permet de souhaiter une nouvelle fois que le monde du cyclisme retrouve son unité. Tout le monde doit travailler ensemble, les organisateurs, les fédérations, les sponsors et les coureurs afin de redonner au cyclisme toutes ses lettres de noblesse. N’oublions pas que c’est le seul sport offrant un spectacle gratuit à des millions de spectateurs massés sur les routes européennes, américaines, australiennes et aujourd’hui africaines.  Alors, avec un peu de bonne volonté venant de toutes les parties, l’énergie mise pour rendre le cyclisme à la fois propre et attractif sera couronnée  de succès. Il aura d’autant plus de mérite qu’il est le seul à faire autant d’effort en ce sens.

    Michel Escatafal

    May 08

    Pauvre tennis français !

     

    En lisant les journaux ce matin, je viens de découvrir que Richard Gasquet vient de gagner un match à Rome...en double avec Santoro, contre une paire italienne quasi inconnue.  Décidément le tennis français reste le temple des espoirs déçus. Chaque fois qu'un joueur réussit une grande performance, ce ne sont que cocoricos en se disant que cette fois on tient le successeur de Noah. Et puis, quelques tournois plus tard, ces joueurs retrouvent l'anonymat dans lequel ils semblent si bien se complaire.

     

    Il y a peu, c'était Tsonga le successeur de Noah après sa finale à Melbourne, dépassant en espérance Gasquet lui-même. On oublie que Melbourne est le tournoi du Grand Chelem qui est le plus abordable pour nombre de joueurs, parce que c'est quasiment le premier de l'année, ce qui explique la réussite de certains. Même Johansson, un joueur suédois solide mais sans génie, l'a emporté en 2002. Arnaud Clément pour sa part avait été en finale en 2001, avant de se faire étriller par André Agassi, ce qui était normal parce que les grands restent des grands. Et eux gagnent toute l'année.

     

    Pour revenir au cas Gasquet, rappelons qu'il a à peu près le même âge que Nadal et que tout le monde disait qu'en junior ils étaient quasiment au même niveau. Que sont-ils devenus? Nadal a déjà gagné 3 Roland-Garros et est numéro 2 mondial.  Il a grandi et est parti à l'assaut de Roger Federer au risque d'empêcher ce dernier de gagner Roland-Garros et de ne pas réaliser le Grand Chelem. Combien de tournois majeurs aura-t-il gagné dans 5 ans? Sans doute 5 ou 6 ou 7 voire plus, ce qui hélas ne sera pas le cas de Gasquet à moins que dernier, qui est quand même très doué, ne se remette totalement en question et ne joue plus les divas à l'ombre de son père.

     

    Pour les filles ce sera la même chose. Amélie Mauresmo et Mary Pierce retirées des courts, on ne verra pas de Françaises gagner Roland-Garros, Wimbledon, Melbourne ou Flishing Meadow. C'est comme cela et c'est dommage, mais est-ce que nous méritons mieux? Sans doute pas car pour nous Français, le tennis se limite à Roland-Garros, la Coupe Davis ou la Fed Cup quand nous sommes qualifiés. Cela veut dire que, contrairement à beaucoup d'autres pays, on ne voit jamais de tennis en dehors de ces évènements à la télévision. Si l'on veut voir la finale des autres tournois du Grand-Chelem, il faut avoir une parabole ou un abonnement à une chaîne cryptée, sauf si...un Français est en finale. Autant dire très rarement et, malheureusement, cela pourrait durer encore un bon moment, d'autant que même en Coupe Davis nous ne faisons plus illusion.

     

     
    Michel Escatafal
    May 06

    Deux boxeurs français champions d'Europe...

     
     
    Ainsi donc la France a deux champions d'Europe de boxe avec Bernard Inom (poids mouche) et Jean-Marc Monrose (poids lourd-légers), ce qui ne lui était plus arrivé depuis un moment. Cela étant que valent de nos jours des titres de champion d'Europe? J'aimerais dire que cela reste un titre européen, mais j'ai peur de mentir et de me mentir à moi-même, car de nos jours un titre européen en boxe est très dévalué. La faute à quoi ou à qui?

    La faute au système qui a multiplié les catégories et les fédérations, même si c'est la seule EBU qui gère les championnats d'Europe. En effet, il y a aujourd'hui le double de catégories qu'à l'époque où la boxe était considérée comme un sport majeur, c'est à dire jusque dans les années 50 ou 60. Il y avait en effet à ce moment 8 catégories qui étaient les suivantes : poids mouches, poids plumes, poids coqs, poids légers, poids welters, poids moyens, poids mi-lourds et poids lourds. Aujourd'hui on a rajouté des super quelque chose pratiquement dans toutes les catégories.

    De plus, comme il y a quatre voire même cinq fédérations censées régir la boxe, cela fait une cinquantaine de ceintures mondiales. Je n'ose même plus dire champions du monde tellement ce vocable est surrané pour la boxe. Dans ces conditions, pour un boxeur d'aujourd'hui, il suffit d'avoir remporté quelques victoires pour avoir une chance dite mondiale. Bien entendu, les boxeurs qui pensent avoir cette chance ne sont pas intéressés par un championnat d'Europe. C'est comme cela qu'on se retrouve avec des titres européens très dévalués, alors qu'autrefois être champion d'Europe voulait vraiment dire quelque chose.

    Les Français ont eu quelques grands champions qui ont été de vrais champions d'Europe par le passé. Citons pêle-mêle en remontant jusque dans les années 50 des boxeurs comme Langlois, Charles Humez, Chérif Hamia, Alphonse Halimi qui fut champion du monde, Gracieux Lamperti, Jean Josselin, Roger Ménetrey, Jean-Claude Bouttier, Gratien Tonna, René Roques pour ne citer que les plus connus. Je sais que j'en oublie quelques uns, mais les noms que je viens de citer sont très parlants pour les plus anciens d'entre nous, car ces boxeurs étaient de très grande qualité et avaient tous obtenu une chance d'être champion du monde. Ensuite il y eut notamment Christophe Tiozzo et Laurent Boudouani qui furent en amateurs médaillés olympiques, ce qui est un gage de grande classe comme on peut le constater de nos jours avec Brahim Asloum.

    Cela dit Tiozzo, Boudouani et bien sûr Asloum n'appartiennent pas à la catégorie de ceux que j'ai cités en premier, car eux ont vécu ou vivent l'ère des multi champions du monde. Cette ère a tellement dévalué la boxe qu'on s'est retrouvé avec des boxeurs détenteurs de titres dans cinq catégories différentes. Certes ce n'était pas n'importe qui, puisque ces boxeurs qui auraient pu rivaliser avec les géants du passé s'appelaient Sugar Ray Leonard ou Thomas Hearns, mais cinq titres différents ça ne fait pas très sérieux même pour eux. Les géants dont je parlais (Robinson, Olson, Griffith etc) étaient déjà bien heureux quand ils avaient été champions du monde dans deux catégories différentes, alors on imagine quand on parle de cinq catégories...

    Voilà pourquoi, je crois qu'il faut simplement être satisfait de voir deux boxeurs français champions d'Europe, en espérant que l'un d'entre eux pourra aller un peu plus loin et décrocher une des multiples ceintures de leur catégorie comme l'ont fait les frères Tiozzo, Boudouani, Jacquot ou plus près de nous Monshipour ou Mormeck. Tous ces boxeurs étaient assez doués et auraient peut-être (ou sans doute) pu, pour quelques uns d'entre eux, décrocher une ceinture européenne il y a quelques décennies. C'est la raison pour laquelle les amateurs de boxe se rappellent leur nom. Espérons que dans dix ou vingt ans on se rappellera de Bernard Inom et Jean-Marc Monrose, car cela signifierait qu'ils ont fait une carrière honorable.

    Michel Escatafal

    January 15

    Bientôt le début de la saison cycliste ! Et si on parlait sport

     

    David Millar examining his time trial bicycle (2006).

    « Il est difficile d'en sortir, surtout psychologiquement, car le coureur croit, dur comme fer, que tel ou tel produit lui sera indispensable et il replonge, malgré les avertissements. Personnellement, je m'en suis sorti mais notre cas ressemble à celui d'un drogué en cure de désintoxication. C'est dommage, car ici, on parle de sport de haut niveau. Le cyclisme est le sport le plus beau et le plus dur. Mais je l'aime. J'ai tout sacrifié pour lui, au point de tricher. Je ne le fais plus, mais qu'est-ce que je suis heureux ! Sauf quand je vois Vino. J'en ai pleuré. Je l'admirais pour son talent, son panache, voire sa malchance. Je suis consterné. »

    Voilà ce que dit un repenti du cyclisme, David Millar (notre photo), qui a avoué son dopage voici plusieurs années et qui tient des conférences régulières sur ce thème. Rappelons aussi que ce coureur n’est pas n’importe qui dans le vélo, car il a été notamment Champion du Monde du contre-le-montre.

    Ce qui est curieux dans le comportement des coureurs qui ont recours au dopage c’est qu’ils n’arrivent pas à croire que les produits qu’ils prennent sont décelables. Ils s’imaginent toujours que les produits « masquants » sont assez efficaces pour les protéger, ou tout simplement que les contrôles ne sont pas sûrs à 100% et qu’ils pourront toujours se défendre si, par malheur, ils se font prendre.  Problème pour ceux-là, les contrôles sont de plus en plus efficaces et fiables. Rappelons au passage, et c’est ce qui désole les amoureux du cyclisme (j’en fais partie), que si ce sport est confronté à tant de problèmes depuis quelques années, c’est parce que le cyclisme est le sport en pointe dans la lutte antidopage. Son combat n’a pas d’égal dans le sport moderne, et cela il faut le dire et le répéter, parce que personne ou presque ne le souligne.

     En effet, si les contrôles sanguins n’existaient pas le Tour de France, pour ne citer que lui, ne serait pas soumis à la pression que l’on connaît car on n’aurait pas plus d’affaires de dopage qu’ailleurs, juste un cas isolé par-ci, par-là, touchant généralement des seconds couteaux. Cela étant, la question qui se pose est de savoir pourquoi il y a toujours quelqu’un qui en arrive à tricher dans le sport, même avec le risque (de plus en plus grand dans le vélo) de se faire prendre? Tout simplement parce que le sport en général se situe dans la mouvance de l'argent à n'importe quel prix, et cette tendance a explosé depuis quelques années. Certains sponsors, se moquent éperdument de savoir comment les athlètes ou joueurs ou coureurs gagnent, s'ils se dopent ou non. Ils ne connaissent d'ailleurs même pas les sportifs concernés. Ils veulent un retour sur investissement et c’est tout. Cependant, ce n’est plus le cas dans le vélo, et les coureurs qui contreviennent aux règles prennent de gros risques, y compris celui de ne plus trouver d’équipe.

    En fait, le sport est le reflet de toute notre société, où la seule valeur qui compte est l’argent. Pourtant quelque chose est en train de changer, et pas seulement dans le vélo. Il semble que l’on commence à prendre conscience que les spectateurs et téléspectateurs exigent de plus en plus de voir des exploits accomplis proprement. Aux prochains Jeux Olympiques, par exemple, les contrôles vont être multipliés parce que les dirigeants du CIO commencent à en avoir assez de retirer des médailles pour les donner à des athlètes qui se sont faits prendre un peu plus tard. Par exemple, à qui va-t-on attribuer la médaille d’or du 100 m féminin en athlétisme des JO de 2000, restituée par Marion Jones ? A Ekaterina Thanou qui a été au centre d’un  scandale sans précédent avec son compatriote Kantéris quatre ans plus tard à Athènes, ou plus simplement à personne.

    En tout cas, toutes ces affaires sont très dommageables pour le sport, d’autant que dopage ou pas les meilleurs restent les meilleurs. Un athlète dopé verra ses performances s’améliorer parfois dans des proportions très importantes, mais s’il a la grande classe il peut aussi réaliser des exploits avec une préparation comme on savait si bien le faire autrefois, quand il n’y avait ni anabolisants, ni EPO, ni cortisone etc. Et puis qui se souvient de la moyenne horaire du Tour de France 1947, 1987 ou 1999? Personne car on ne retient que le nom des vainqueurs. N’est-ce-pas l’essentiel ?

    Michel Escatafal

    January 14

    Le tennis français paraît plus riche qu’il ne l’est en réalité

     

    Court Margaret Court en Rebound Ace de l'Open d'Australie.

    Court Margaret  Court  à Melbourne - Open d'Australie 

    Quel est le pays qui est le mieux représenté à Melbourne à l’Open d’Australie dans le tableau final, hommes et femmes confondus ?  Réponse : la France, et ce n’est pas nouveau.  Cela étant, combien seront-ils en 1/8è de finales ?  En espérant très vivement me tromper, ils ne seront pas plus de 3 ou 4 et ce sera déjà un beau résultat. Nous avons en effet une très grosse densité, fruit d’un travail de formation sans doute à nul autre pareil, mais il nous manque l’essentiel à savoir le crack qui nous permettra de gagner régulièrement les tournois du Grand Chelem.

    Nous avons eu cette chance avec les féminines pendant presque une dizaine d’années grâce à deux joueuses de qualité exceptionnelle qui nous ont permis de remporter 4 victoires dans les tournois majeurs. Ces deux joueuses étaient Mary Pierce qui a gagné en Australie et à Roland-Garros, et Amélie Mauresmo qui a remporté la victoire en Australie et à Wimbledon. Voilà un bilan tout à fait honorable auquel il faut ajouter un Masters (A. Mauresmo) et une Fed Cup. Cela étant, aujourd’hui Mary Pierce est sans doute très proche de la retraite, à force d’essayer de guérir des blessures récurrentes, et Amélie Mauresmo essaie de se reconstruire après une longue période de doute, due là aussi à plusieurs blessures.

    Théoriquement avec autant de loueurs ou de joueuses bien classés, nous devrions en avoir plusieurs dans les 5 ou 10 premiers, un peu ce qui s’est passé ces dernières années avec Amélie Mauresmo qui a été une bonne partie de l’année 2006 numéro une mondiale ou Mary Pierce qui a longtemps figuré parmi les cinq premières. Cela ne nous était pas arrivé depuis la grande époque Noah, Leconte qui,  toutefois, ont remporté moins de tournois majeurs que nos deux championnes. En fait à part Noah à Roland Garros, la France n’a jamais remporté de tournoi du Grand Chelem chez les hommes depuis 1946, ce qui veut qu’elle n’en a gagné qu’un depuis les débuts de l’ère open (1968), contre quatre chez les femmes auxquelles il faut ajouter  la victoire de Françoise Durr en 1967 à Roland-Garros.

    On est loin évidemment de pays comme les Etats-Unis ou l’Australie, même s’ils sont un peu moins brillants de nos jours, ou même comme la Suède ou l’Allemagne. Les Etats-Unis comme l’Australie ont en effet donné au tennis de nombreux  joueurs qui ont marqué l’histoire de ce sport. Nous ne pouvons pas en faire l’énumération, mais on peut citer Gonzalès, Connors, Mac Enroe, Agassi, Sampras chez les Américains, ou Sedgman, Hoad, Rosewall, Laver, Emerson, Newcombe chez les Australiens. On n’oubliera pas non plus chez les Suédois les noms de Borg, Wilander, Edberg, autant de joueurs qui (à part Pancho Gonzalès qui ne pouvait pas y participer à son époque parce que professionnel) ont remporté au moins six ou sept tournois du Grand Chelem, et qui ont participé activement aux victoires de leur pays en Coupe Davis.

    Aujourd’hui le tennis est dominé par un joueur (Federer)  ou une joueuse (Justine Henin)  issus  de petits pays comme on a coutume de dire, qui de surcroît n’ont pas eu jusqu’à ces dernières années de grande tradition tennistique. Sur le plan quantitatif, les Espagnols chez les hommes et les Russes chez les dames sont ceux qui ont le plus de joueurs  dans le top 20. La densité du tennis espagnol est d’ailleurs impressionnante, même si elle se manifeste surtout sur la terre battue. Elle est plus variée chez les féminines russes qui s’adaptent à toutes les surfaces.

    Alors après avoir fait ce petit tour d’horizon, il reste à souhaiter qu’un ou une française réussisse enfin à provoquer la surprise que l’on attend. Les Internationaux d’Australie, parce qu’ils ont lieu en début de saison, sont souvent le théâtre de surprises comme on a pu le voir avec la victoire du Suédois Johansson en 2002, ou l’accession en finale de Clément, de Schuettler ou Baghdatis qui n’avaient jamais été à pareille fête. Alors espérons que Gasquet  concrétise enfin les espoirs qu’il a laissé apparaître dans les compétitions de jeunes,  et qu’il a commencé à confirmer l’an passé en se qualifiant pour le Masters. Et puis, si Amélie Mauresmo n’est pas victime de quelques bobos dont elle a l’habitude, rien ne dit qu’on ne la retrouve pas très loin dans le tournoi et pourquoi pas en finale. Après tout c’est bien elle qui a gagné il y a deux ans.

    Michel Escatafal

    January 11

    A quoi sert un capitaine?

     

    Le capitaine dans les sports collectifs reste généralement une figure emblématique de l’équipe qu’il commande. Force est de constater que son poids dans l’équipe est quand même important, même si cette importance n’est pas toujours en rapport avec ce qu’il apporte réellement à l’équipe. Pour ma part, et pour parler des deux plus importants sports d’équipe dans notre pays, j’en citerai deux qui auront marqué à jamais les équipes qu’ils ont eu l’honneur de commander : Jacques Fouroux pour le rugby, capitaine de la fameuse équipe de 1977 qui aurait à coup sûr gagné la Coupe du Monde si elle avait existé, et Didier Deschamp pour le football, capitaine de l’équipe qui a gagné la Coupe du Monde en 1998 et qui a réussi le doublé en remportant le Championnat d’Europe des Nations en 2000.

    Voilà deux joueurs qui étaient sans doute les moins talentueux de l’équipe qu’ils devaient commander, mais quand ils ont arrêté leur carrière internationale ils ont été finalement très difficiles à remplacer. Les moins de 40 ans se rappellent tous de Jacques Fouroux, que l’on appelait « le Petit Caporal », haranguant « les bestiaux du pack » qui tous faisaient deux têtes de plus que lui. Un pack qui, soit dit en passant, fut sans doute le meilleur que notre rugby ait possédé. De même,  et là les plus jeunes ou presque s’en souviennent, tous les amoureux de football revoient avec un immense plaisir Didier Deschamp invectiver ses coéquipiers, afin de ne pas accepter une défaite qui paraissait inéluctable jusqu’à la dernière minute. En disant cela je pense à la finale du Championnat d’Europe des Nations en 2000 contre l’Italie, où Wiltord a égalisé à la dernière minute du temps additionnel, ce qui donnait droit à une prolongation que le Onze de France ne pouvait pas perdre.

    Parfois aussi, le capitaine occupe cette fonction sans être un vrai décideur sur le terrain. En clair c’est un joueur brillant, mais son influence sur les autres joueurs  est inversement proportionnelle à son talent. En disant cela je pense à Christian Darrouy, joueur de rugby du Stade Montois au début des années 60 à la grande époque des frères Boniface. Christian Darrouy fut un de nos plus grands ailiers, qui a longtemps détenu le record français du plus grand nombre d’essais marqués en match international, mais son capitanat à la tête du Quinze de France est loin d’avoir laissé un souvenir impérissable.

    En revanche, il arrive aussi que le meilleur joueur de l’équipe soit le capitaine ce qui est parfois une forme de reconnaissance pour l’influence qu’a le joueur sur l’équipe dont il est, quoi qu’il en soit, le leader. Dans ce registre nous avons connu il y a un peu plus de 20 ans, Michel Platini à l’époque le meilleur joueur de la planète, capitaine de l’Equipe de France championne d’Europe en 1984 et joueur emblématique de la Juventus de Turin. Plus près de nous, pendant la Coupe du Monde 2006, Zinédine Zidane fut également capitaine de l’équipe qui atteignit la finale. Dans le rugby, les plus anciens se rappellent de Jean Prat, capitaine de la première Equipe de France à avoir remporté le Tournoi des 5 Nations en 1955, que les Anglais avaient surnommé « Monsieur Rugby ». Ceux qui sont un peu plus jeunes se rappellent aussi de Jean-Pierre Rives que la télévision et Roger Couderc ont magnifié.

    Enfin, il y a le cas où le meilleur joueur de l’équipe, disons le vrai patron sur le terrain, n’est pas le capitaine. Parmi ceux-ci nous citerons pour le football celui que tout le monde considère comme le meilleur joueur français de tous les temps avec Platini et Zidane, à savoir Raymond Kopa. Par exemple à la Coupe du Monde en Suède en 1958, le capitaine était Robert Jonquet qui était certes un grand joueur, sélectionné dans l’Equipe d’Europe en 1954, mais la figure emblématique de l’équipe, celui qui donnait le tempo c’était Raymond  Kopa qui fut d’ailleurs sacré meilleur joueur de la Coupe du Monde 1958 devant des joueurs comme Pelé, Didi, Garrincha ou Rahn. Dans le rugby, Serge Blanco surnommé par ses pairs le Pelé du rugby ne connut quasiment jamais la joie d’être capitaine, à moins qu’il n’en ait pas manifesté l’envie. Cela ne l’a pas empêché d’être longtemps considéré comme le meilleur joueur du monde.

    En résumé, le rôle du capitaine est certes très important, mais tout dépend de l’équipe qu’il dirige. Le meilleur des capitaines ne peut rien s’il n’est pas entouré par des joueurs de talent, mais son rôle en tant que  relais de son entraîneur sur le terrain peut s’avérer très important, surtout quand les choses ne tournent pas comme espéré. Cela étant, si un grand capitaine ne fait pas nécessairement une grande équipe, une grande équipe l’est rarement sans un grand capitaine ou à tout le moins sans un grand leader. Cela nous permet de dire que la nomination du capitaine n’a sans doute pas une importance aussi décisive que peuvent  le laisser imaginer les supputations relatives à sa nomination, que ce soit  à la tête du Onze de France ou du Quinze de France.

    Michel Escatafal

    January 10

    Souvenirs du Grand Prix de Pau

     

    Le circuit de Pau emprunte les rues de la ville, et ressemble par différents aspects au Grand Prix de Monaco.

    Une vue du circuit en ville de Pau

    J’avais deux ans quand j’ai assisté pour la première fois  à une course automobile, mes parents allant chaque année à Pau pour le Grand Prix. Celui-ci était d’ailleurs fort prisé à l’époque puisqu’il figurait parmi les plus importants se déroulant en ville, juste après le Grand Prix de Monaco. De fait grâce à mes parents,  j’ai eu la chance de découvrir un des plus merveilleux spectacles que l’on ait pu imaginer et qui, encore aujourd’hui, tient en haleine de mars à octobre des centaines de millions de téléspectateurs, certains disent même des milliards.

    La course automobile ne se résume évidemment pas à la Formule 1, mais force est de constater qu’à part les rallyes et quelques courses d’endurance comme les 24 heures du Mans, ce sont les monoplaces en circuit qui attirent en priorité les spectateurs et plus encore les téléspectateurs. Et quand on parle monoplaces, on parle F1 même si par le passé les courses dites de Formule 2 attiraient les mêmes foules. Il est vrai qu’à Pau par exemple, j’ai eu la chance de voir en action en F1 ou F2 quelques uns des plus grands champions de tous les temps, entre autres Fangio, Ascari, Brabham, Jim Clark, Stewart, Rindt, pour ne citer que des étrangers plus les meilleurs pilotes français des cinq ou six dernières décennies, sans oublier les débuts d'Alesi en Formule 3000 qui ont beaucoup marqué mon neveu qui, à cette occasion, découvrait les courses en circuit.

    Ce Grand Prix de Pau ne me rappelle quand même pas que des bons souvenirs. Un en particulier m’a marqué plus que d’autres, d’autant que j’étais très jeune. C’était en 1955, et en nous rendant au circuit pour acheter les billets, nous sommes passés sur la grande place où se trouvaient les voitures et les équipes techniques. J’étais très heureux de pouvoir approcher des pilotes et voir de très prés leurs bolides (impensable de nos jours). Et là, nous avons croisé un grand gaillard qui s’apprêtait à prendre le départ de ce qui était une de ses premières courses. Il s’appelait Mario Alborghetti et il courait sur une voiture rouge, dont j’ai oublié la marque (Lancia peut-être). Il avait l’air si heureux d’être là que ma mère l’avait remarqué. Deux heures après, victime d’un accident au virage de la gare où nous nous trouvions, il était décédé. Terrible souvenir !

    Pour autant, cela ne nous a pas empêché de continuer à assister au Grand Prix de Pau, et surtout cela ne m’a pas empêché de continuer à vivre avec une passion intacte chaque année le déroulement de la saison de Formule 1. Toutefois,  je voudrais souligner que cette passion a été entretenue parce que le nombre de pilotes ayant perdu la vie au cours des dernières années est devenu extrêmement rare. Heureusement d’ailleurs,  car les fans de ce sport commençaient à trouver insupportable que leurs héros disparaissent les uns après les autres.

    Cela étant, en compétition automobile, quelles que soient les conditions de sécurité, le risque zéro n’existe pas même si de nos jours on s’en approche. Il n’est pas qu’à voir les cabrioles que font certaines voitures pour s’en convaincre, par exemple Kubica au cours de la dernière saison sorti miraculeusement indemne d’une collision avec Trulli au Grand prix du Canada. Il y a eu dans un passé récent pas mal d’autres accrochages ayant entraîné des accidents spectaculaires, mais chaque fois la vie des pilotes n’a pas été en réel danger. On peut même imaginer que s’ils avaient eu leur accident de nos jours,  Gilles Villeneuve ou Ayrton Senna n’auraient pas perdu la vie.

    C’est sur cette affirmation, qui est aussi une note d’espoir que je vais terminer ce propos. Bientôt la saison de Formule 1 va débuter, les grandes écuries au premier rang desquelles Ferrari et Mercedes-Mac Laren ayant déjà dévoilé leur monoplace 2008. Elles ressemblent à celles de la saison dernière, mais les modifications sont quand même importantes, liées à la nouvelle règlementation sur l’antipatinage ou la boîte à vitesses. De toute façon, ne nous faisons pas d’illusion, quel que soit le règlement, les meilleurs resteront les meilleurs. Sur les trois premières lignes de la grille, nous retrouverons Raïkonnën, Massa, Hamilton, et sans doute Alonso qui vient de rejoindre à nouveau Renault. Espérons que de temps en temps on y trouve une Toro Rosso avec Bourdais au volant. Ce sera difficile, mais sait-on jamais ?

    M.E.

    January 08

    Maître Jacques

     
     
    S'il n'était pas mort un triste jour de novembre 1987, Jacques Anquetil aurait eu aujourd'hui 74 ans. Oui déjà 74 ans, mais comme pour tous ceux que la mort a fauché trop tôt, il n'aura jamais vieilli. Ceux qui comme moi l'ont découvert tout jeune, j'avais moins de dix ans quand il a commencé le cycle de ses exploits, ont toujours l'impression que ses premières victoires au Grand Prix des Nations, l'équivalent aujourd'hui du Championnat du Monde du contre-la-montre, datent d'hier. Je repense aussi à mon extraordinaire déception quand il fut battu en finale du Championnat du Monde de poursuite par un italien qui n'était bon que sur la piste (Messina). Je revois enfin, la maîtrise avec laquelle il a remporté la première de ses 5 victoires dans le Tour de France. J'étais tout petit garçon, mais ce sont des souvenirs extraordinaires pour quelqu'un qui a toujours aimé passionnément le vélo.
     
    Ensuite, il eut quelques difficultés à digérer tous ces succès acquis si jeune, et surtout il dut faire face à plusieurs adversaires de très grande classe qui étaient soit un très grand grimpeur (Charly Gaul), soit le meilleur rouleur en valeur absolue que le cyclisme ait produit (Roger Rivière). Mais le destin voulut qu'on n'assistât pas au duel que tout le monde attendait entre les deux surdoués de la jeune génération française qui remplaça Louison Bobet. Qui aurait gagné le plus entre Jacques Anquetil et Roger Rivière, si le coureur stéphanois n'avait pas chuté dans la descente du col du Perjuret en 1960, alors que selon toute vraisemblance il allait remporter le Tour de France cette année là. Oui, quel était le meilleur des deux ? Nul ne le saura, et c'est bien dommage car le sport n'est jamais aussi beau que dans les grands duels qu'il suscite.
     
    Pensons aux affrontements  Coppi-Bartali dans le Giro, ou encore Coppi-Koblet toujours dans le Giro, mais aussi Anquetil-Poulidor dans le Tour de France, ou Merck-Ocana, ou encore Hinault-Fignon toujours dans le Tour de France. J'arrêterai là les comparaisons, car peu après on allait entrer dans l'ère de la spécialisation à outrance, avec des coureurs qui ne s'intéressaient qu'aux classiques et d'autres qui ne courraient qu'un ou deux grands tours. En tout cas, pour revenir à Jacques Anquetil et Roger Rivière, cet affrontement aurait eu lieu partout et sans doute même sur la piste tellement les deux homms étaient doués dans l'exercice de la poursuite. N'oublions pas, qu'ils furent l'un et l'autre plusieurs fois recordman du monde de l'heure.
     
    Pour terminer ce billet sur une note moins nostalgique, je voudrais simplement rappeler que Jacques Anquetil comme Roger Rivière avaient finalement beaucoup de points en commun y compris le même caractère orgueilleux, qui leur valut quelques déboires et quelques défaites qu'ils n'auraient jamais concédées ensemble si leur rivalité naissante ne les avaient conduit à préférer la défaite face à quelqu'un d'autre. En disant cela, je pense au Tour de France 1959 que le grimpeur espagnol Bahamontès a remporté grâce à l'aide objective de Jacques Anquetil et Roger Rivière. Pour chacun d'eux l'honneur était sauf, puisque ce n'était pas l'autre qui avait gagné. Maître Jacques renouvellera l'opération à plusieurs reprises avec Raymond Poulidor, se privant même du titre de Champion du Monde sur route en 1966.
     
    Mais Jacques Anquetil comme Roger Rivière, le peu d'années qu'il courut, a réalisé de tels exploits que nous lui pardonnerons toutes ces petites vilénies. Il suffit simplement de se rappeler qu'en 1965, moins de 24 heures après avoir remporté le Dauphiné Libéré, il s'imposa dans la plus dure et la plus longue des classiques, Bordeaux-Paris, après avoir rallié par avion spécial le lieu de départ, prévu à 2h du matin. Douze heures plus tard, après avoir failli abandonner au petit matin, il arrivait en grand vainqueur après  plus de 600 km de course. Jacques Anquetil c'était la classe à l'état pur, mais aussi une volonté hors du commun. Bref c'était un campionissimo comme disent les Italiens.
     
    Michel Escatafal
    January 06

    Le rendez-vous final c'est 2011

     

     Écosse-France du Tournoi 2004 : prise de balle à la touche de Julien Bonnaire En France, on a coutume de dire qu’il y a au moins 50 millions de sélectionneurs. C’est toujours la même chose, chaque fois qu’il y a une rencontre internationale qui se profile à l’horizon, tout le monde fait son équipe et souhaite bien évidemment qu’elle corresponde à celle du sélectionneur. Je voudrais quand même en profiter pour dire que le sélectionneur est payé, très bien payé même, pour faire son équipe, avec en outre des éléments techniques que nous n’avons pas. De plus, n’en déplaise à certains, le sélectionneur a tout intérêt à composer la meilleure formation possible parce que son maintien dans le poste peut en dépendre. Et puis, il est quand même plus valorisant d’être à la tête d’une équipe qui gagne !

    Bientôt, le Tournoi des 6 nations va commencer,  et le nouveau sélectionneur et ses adjoints vont avoir à faire leurs premiers choix. Quels sont les critères qui vont les guider ? A priori, il va falloir marier le présent et l’avenir ou dit autrement, essayer de gagner le Tournoi et préparer la Coupe du Monde de 2011. J’en profite pour dire que la France, qui pourtant dispose d’un gros réservoir de joueurs de grand talent, est la seule des grandes nations du rugby à n’avoir jamais gagné la Coupe du Monde au contraire de l’Afrique du Sud et l’Australie qui l’ont gagné deux fois, et de la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre qui l’ont emporté une fois. Donc, la prochaine fois il faut que ce soit la France qui gagne.

    Le sélectionneur a donc du pain sur la planche,  et Marc Lièvremont se sait attendu au tournant. Espérons simplement qu’il ne commettra pas l’erreur de Laporte en multipliant les essais pendant 4 ans pour arriver à composer une équipe dont les éléments ont finalement peu joué ensemble. Par exemple sous l’ère Laporte qui a duré huit ans, on a composé une quarantaine de charnières différentes alors qu’au Stade Toulousain opérait une paire de demis que le monde entier nous enviait avec Elissalde et Michalak. On pourrait faire le même reproche pour les ¾ centres ou pour la troisième ligne. Bref, aucune ligne vraiment directrice alors que l’Angleterre avait été championne du Monde en 2003, en utilisant quasiment la même équipe et le même système de jeu pendant 4 ans.

    D’ailleurs toutes les grandes équipes du passé reposaient sur une base de ce type soit parce que les joueurs opéraient dans le même club (cas des Lourdais dans les années 50) ou parce que l’équipe était composée majoritairement des mêmes joueurs pendant plusieurs années (cas de l’équipe de Fouroux en 1977). Il n’y a pas de secret dans le rugby : on a beau avoir les meilleurs joueurs du monde, il faut de la cohésion sinon les résultats ne seront pas au rendez-vous. Il est quand même frustrant de n’avoir pas remporté « notre Coupe du Monde », alors que le Quinze de France valait bien l’Afrique du Sud, et surtout alors qu’il avait disposé de presque dix semaines de préparation.

    Le meilleur exemple de ce qu’il ne faudra pas faire pour Marc Lièvremont est résumé dans le cas Chabal et dans celui de l’arrière. Ce n’est qu’en juin qu’il fut décidé de titulariser Chabal en 2è ligne alors qu’il n’avait jamais joué à ce poste. Un peu léger quand même ! Quand à l’arrière, le sélectionneur décide de n‘en prendre qu’un seul pour toute la compétition, pour finalement ne pas le faire jouer. On a beau dire qu’il a des éléments que nous n’avons pas, il a quand même bien fait rire la presse étrangère, d’autant que de nombreux joueurs français opèrent dans des clubs anglais.

    Voilà en quelques mots, le problème est posé.  Il ne reste plus au sélectionneur qu’à travailler à construire une équipe. Il est jeune, il ne fait pas de politique apparemment, il a été international tout comme Emile N’Tamack son adjoint pour les lignes arrières, et surtout il semble soucieux de donner à l’Equipe de France une vraie ligne directrice dans le jeu et de s’y tenir. Après tout, jusqu’à présent le rugby français apparaissait condamné à subir les foudres des arbitres à cause de son indiscipline. Il faut mettre au crédit de Laporte d’avoir apporté plus de rigueur de ce côté-là.  Alors bonne chance à Lièvremont et rendez-vous en 2011, ce qui ne nous empêchera pas de réaliser quelques grands chelems d’ici là.

    Michel Escatafal

    January 05

    A propos du mercato...

    On ne peut pas écouter une émission sportive en ce moment sans que l’on parle du mercato de football. Donc, première question : à quoi sert ce mercato ? Réponse, le plus souvent pas à grand-chose, même si parfois il permet à un joueur de « rebondir ». Il permet aussi à certains clubs de se renforcer à bon marché avec des joueurs qui ne jouent pas et qui veulent se relancer. Parfois, ces joueurs changent de club dans le seul et unique but de conserver leur place en Equipe de France.  Ce fut le cas par exemple de Dugarry en 1997, quand ayant participé à seulement 7 matches en 1997 avec Barcelone, de surcroît à un poste qui n’était pas le sien, il décida de quitter le F.C. Barcelone pour rejoindre l’Olympique de Marseille.

    Ce fut une bonne décision, puisqu’il participa finalement à la Coupe du Monde 1998, ce qui lui valut d’être la même année  Champion d’Espagne et Champion du Monde. C’est ce qui s’appelle une saison bien remplie, alors qu’elle avait pourtant commencé sur de mauvaises bases. Cependant, tous les joueurs n’ont pas le talent, ni la réussite de Dugarry et beaucoup de joueurs ayant changé de club en milieu d’année l’ont fait sans grand succès. Espérons pour l’Equipe de France que Lassana Diarra trouvera une solution à son problème actuel avec Arsenal. En effet, comme Dugarry en 1997, Diarra joue peu et pas toujours à son meilleur poste. Or s’il veut participer à la phase finale de L’Euro en Suisse et Autriche, il faut qu’il joue régulièrement.

    L’histoire de Diarra me fait penser à celle de nombreux footballeurs décidant de quitter leur club français, dans lequel généralement ils sont titulaires, pour arriver dans un club plus huppé, mais où règne une concurrence souvent féroce. Certes, la situation n’a rien de déshonorant d’être remplaçant à Chelsea, Barcelone, Madrid, Milan ou Turin. Simplement, c’est une situation peu facile à accepter quelque soit le statut du joueur.

     Chevchenko par exemple, le Ballon d’Or de 2004, a quitté  l’AC Milan où il était quasiment déifié pour signer un contrat à Chelsea en 2006. Or qu’arriva-t-il ? Tout Ballon d’Or qu’il fut, Chevchenko a plus souvent été remplaçant que titulaire dans la galaxie de Chelsea, barré qu’il est par Didier Drogba. Il profite d’ailleurs assez bien de l’absence du buteur franco-ivoirien pour se remettre un peu en confiance,  avant sans doute de faire ses valises l’été venu.

    Cela étant, si après avoir été remplaçant pendant deux saisons, on se bat encore pour faire signer un contrat à Chevchenko, il en va différemment pour de jeunes joueurs qui n’ont rien prouvé. Et c’est souvent le cas pour tous ces jeunes gens, souvent internationaux espoirs, qui quittent leur pays pour l’Eldorado anglais, espagnol ou Italien. Notre football  fourmille d’exemples de joueurs qui se retrouvent 4 ou 5 ans après en Ligue 2 après être parti à 19 ou 20 ans dans un grand club. Citons pêle-mêle parmi les « grands flops » les noms de Sinama-Pongolle, Le Tallec, Meghni, ou Gourcuff. Tous ces jeunes joueurs talentueux ont gâché leur chance de faire une belle carrière pour être parti trop tôt.

    Toutefois, certains joueurs ont bien réussi le jour où ils sont partis, mais il s’agit généralement de très grands joueurs.  Dans le passé, Kopa mais aussi Muller ont très bien réussi au Real ou à Barcelone, Kopa étant même l’atout majeur du Real Madrid après Di Stefano. Plus tard Michel Platini deviendra l’idole de Turin à la Juventus où s’illustrera un autre grand attaquant, David Trézéguet. A la même époque la quasi-totalité des champions du Monde et d’Europe de 1998 et 2000, Zidane et Henry en tête, feront carrière dans les plus grandes équipes italiennes, espagnoles, anglaises ou allemandes. Mais tout le monde n’a pas le talent de ces joueurs où de ceux de l’actuelle génération comme Gallas, Abidal, Malouda, Sagnol ou Ribéry. Rien que des grands noms qui auraient pu réussir partout.

    En résumé, je souhaite de tout cœur que ces jeunes gens réfléchissent longuement avant de s’engager dans une équipe où la concurrence est de règle,  parce qu’elle possède dans son effectif 15 ou 20 internationaux. Il vaut mieux être bon et jouer à Lens, Saint-Etienne ou Bordeaux plutôt que côtoyer à l’entraînement les meilleurs joueurs de la planète, sans jamais les accompagner sur le terrain.  Je souhaite aussi que les clubs français fassent les efforts suffisants pour garder leurs meilleurs joueurs, au lieu de les former pour les voir partir peu après contre une bonne soulte d’argent. N’oublions pas que Didier Drogba voulait rester à Marseille, mais les dirigeants de l’OM ont préféré le vendre pour 34 millions d’euros à Chelsea. Certes, le joueur a acquis une énorme dimension dans son nouveau club, mais qu’a fait l’OM de tout cet argent ? La question pourrait se poser aussi à propos de Ribéry. Mais l’OM n’est pas seul dans ce cas.

    Michel Escatafal

    January 04

    A propos du Dakar...

     

    Traces laissées par le rallye dans le Sahara Mauritanien (2005)

     

    Traces laissées par le passage du Dakar dans le désert

     

     

     

    Ceux qui me font le plaisir de lire les billets que je poste sur ce blog savent que je suis un authentique amateur de sport. Raison de plus pour dire ce que je pense d'une possible amputation du Dakar, en raison des évènements en Mauritanie. Et bien, cela m'est complètement égal car je considère cette épreuve comme du spectacle avant tout. Je ne dis pas qu'il n'y ait pas une partie sportive dans cette épreuve, mais pour moi cela n'a rien à voir avec une compétition comme les rallyes du Championnat du Monde. Or moi j'aime la compétition et la confrontation entre les meilleurs. Un duel Loeb-Gronholm, cela donne beaucoup d'émotions surtout quand à la fin du rallye il y a en tout 3/10è de seconde qui séparent les deux concurrents. Et puis Loeb et Gronholm, plus Hirvonen, Solberg, Latvala, Sordo ou Duval, c'est le top dans la discipline.

     

    Alors quand les commentateurs de France Télévision essaient de nous vendre le Dakar comme une épreuve sportive énorme, cela me fait plutôt sourire. Cela me fait d'autant plus sourire que ces gens-là consacrent moins d'une minute à des monuments du rallye que sont le rallye de Suède, les Mille Lacs ou les rallyes de Corse ou de Grande Bretagne. De plus, dans les reportages de France Télévision sur le Dakar, on insiste beaucoup, "peoplisation" oblige, sur les aventures ou mésaventures de Johnny Halliday ou son fils et de tas d'autres participants que je ne connais pas, alors que moi c'est le sport qui m'intéresse. Celui qui veut aller voir Johnny Halliday n'a qu'à aller à ses concerts, mais prendre cinq minutes de reportage sportif pour parler d'un chanteur c'est carrément nul.

     

    Bref, j'ai dit tout le mal que je pensais de cette épreuve et surtout de sa couverture médiatique, j'ai envie de dire aussi que je ne vois pas trop ce que l'Afrique peut gagner avec cette course, et enfin je voudrais souligner que cela se passe à une époque où cela occulte en partie les résultats d'épreuves très importantes, par exemple l'Open d'Australie de tennis. Personne ne parle également, toujours à cause du Dakar, des préparatifs du rallye de Monte Carlo. Non décidément je ne m'y ferai jamais, et si on supprime quelques jours du Dakar, je m'en rejouirais beaucoup.

     

    A plus tard pour commenter de vraies épreuves sportives, auxquelles France Télévision ne s'intéresse pas.

     

    Michel Escatafal

    January 03

    France-Brésil : l'affiche reste belle

     

    Entre la France et le Brésil il y a une union presque fusionnelle en sport. Les deux pays ont souvent été confrontés, notamment dans deux sports hyper médiatisés, le football et la Formule 1. Il se trouve que la France et le Brésil sont deux nations parmi les plus fortes du football. Le Brésil a remporté 5 fois la Coupe du Monde, la première en 1958 en battant en demi-finale l’Equipe de France emmenée par Kopa, mais aussi Fontaine, Piantoni, Vincent, Kaelbel et Jonquet. C’est d’ailleurs lui qui fut le véritable héros (malheureux) de cette fameuse demi-finale qui opposait les deux meilleures équipes de la compétition.

    En effet, et cela on l’oublie très souvent, au moment de la blessure de Jonquet son arrière central, victime d’un choc avec Vava l’avant-centre brésilien, le score était de 1 à 1. Cela voulait dire que rien n’était fait, et la manière dont Fontaine avait marqué son but à Gilmar, le gardien brésilien, laissait penser que les Français auraient pu en marquer d’autres si elle avait pu jouer à égalité de chances. N’oublions pas qu’à l’époque, il n’y avait pas de remplacement possible, ce qui signifie que la France a joué à 10 pendant une heure. Imaginons que ce soit l’inverse qui se soit produit et que dans le choc, ce soit Vava qui ait été blessé. On peut penser que les Brésiliens auraient été beaucoup moins dangereux, et que les Français déjà très forts en attaque auraient eu encore plus de facilité pour défier la défense brésilienne. La France aurait sans doute gagné la Coupe du Monde.

    Avec des si, on pourrait faire beaucoup de choses, mais la réalité est là. Cela dit, je reste persuadé que si la Hongrie n’avait pas été envahie par les troupes soviétiques en 1956, provoquant l’exil de ses meilleurs attaquants, c’est elle qui aurait gagné la Coupe du Monde en Suède en 1958. Depuis cette époque, il y a eu de nombreux France-Brésil et la France l’a souvent emporté. Par exemple lors de la Coupe du Monde 1986, que nous aurions dû gagner, la France avait éliminé le Brésil aux tirs au but. Qui ne se souvient  du dernier tir de Luis Fernandez prenant à contre-pied le gardien brésilien, et propulsant la France en demi-finale où elle se fera éliminer par l’Allemagne, pourtant beaucoup moins forte. Parions que si la France n’avait pas joué sa prolongation contre le Brésil, elle l’eut emporté.

    Bien entendu, nous ne pouvons pas éviter de parler de cette fameuse finale du Stade de France en 1998, où les Français l’emportèrent (3 à 0) avec deux buts de la tête de Zidane. Cette victoire qui fit chavirer tout un peuple dans le bonheur, fut un des deux plus grands succès d’une équipe bâtie par Aimé Jacquet à partir de 1996. Il est même permis de dire que l’équipe qui remporta deux ans plus tard le championnat d’Europe des Nations (en 2000) fut peut-être, au même titre que la Hongrie des années 50 ou le Brésil de 1970, la plus grande équipe de tous les temps.

    Il faut noter enfin qu’en 2006, c’est encore une fois l’équipe de France, emmenée par un Zidane des grands jours qui élimina le Brésil de la Coupe du Monde en ¼ de finale, alors que les Sud-américains étaient comme d'habitude les grands favoris de l’épreuve. Au total, si nous regardons bien, il y a bien longtemps que le Brésil ne bat plus la France en compétition officielle.

    Et en formule 1, est-ce que la France a souvent battu le Brésil ? En fait les seuls vrais duels entre Français et brésiliens se résument surtout à ceux ayant opposé Prost à Senna entre 1988 et 1990, c’est-à-dire avec des machines identiques ou très proches. Il y a bien eu des duels entre Prost et Piquet au début des années 1980, mais quelle que soit la qualité du pilote brésilien, il se situait un ton en dessous d’Alain Prost, même s’il fut quand même triple champion du monde. D’ailleurs quand il eut à affronter Mansell chez Williams, puis ensuite Schumacher, il eut beaucoup de difficultés. Or Mansell chez Ferrari avec Prost n’exista pas, le Français se montrant nettement supérieur.

    D’ailleurs aucun équipier ne résista à Prost durant sa carrière sauf un : Ayrton Senna. Là ce fut un duel atteignant des sommets extraordinaires entre deux des 5 ou 6 plus grands champions de tous les temps. Résultat ? Senna prit nettement le dessus en qualifications, preuve si besoin en était qu’il fut sans doute le pilote le plus rapide qui ait jamais existé (avec peut-être Jim Clark dans les années 60), mais en course en revanche de domination franche il n’y eut pas. Prost était en effet très rapide sur la durée d’une course, et l’écart avec Senna diminuait au fil des tours, sauf si la piste était mouillée. En tout cas, entre 1988 et 1990, Prost fut champion en 1989, Senna en 1988 et 1990, et chaque fois avec un écart de points minime.

    Depuis cette époque bénie pour la formule 1, nous n’avons jamais retrouvé de duels de cette intensité et de ce niveau, même si les duels Hakkinen-Schumacher furent parfois somptueux, même si  Alonso-Schumacher ou Alonso-Raikkonen c’est parfois grandiose.  Espérons quand même, pour terminer,  que la France à l’instar du Brésil retrouvera très vite toute sa place dans la discipline. Pour l’instant les Brésiliens peuvent compter sur un top pilote, FelipeMassa, mais aussi sur une valeur sûre, Rubens Barichello,  et un espoir avec Piquet le fils de Nelson. La France pour l’instant n’a qu’un pilote assuré de courir en 2008 : Sébastien Bourdais, quadruple champion de Champ’Car. Espérons qu’il domine son coéquipier dès le début de la saison, d’autant que celui-ci est considéré comme un grand espoir (Vettel), ce qui pourrait lui ouvrir très vite les portes d’une grande équipe.

    Michel Escatafal

    January 02

    L'année 2008 sera belle pour le sport français

    Les cinq anneaux, symbole des Jeux Olympiques

    L’année 2008 sera riche en évènements pour ceux qui aiment le sport. Parmi les principaux, il y aura les Jeux Olympiques et le Championnat d’Europe des Nations, plus évidemment les « incontournables »  de chaque année comme les tournois du Grand Chelem en tennis, les Coupes d’Europe de football et de Rugby, le tournoi des 6 Nations, les championnats du monde automobile (F1 et rallye), les grandes épreuves du calendrier cycliste avec en point d’orgue le Tour de France et le Giro.

    Espérons à propos du cyclisme que l’on va cesser de nous parler des affaires de dopage qui, à force, finissent par laisser accroire que le cyclisme est le seul sport touché par ce fléau. En tout cas dans le cyclisme comme en athlétisme, le nombre de grands champions qui se sont fait prendre est tout à fait impressionnant, preuve que la lutte commence à porter ses fruits. Et nous dit-on, ce n’est pas fini, puisque le cyclisme va mettre en place un système de détection qui va toucher tous les coureurs (6 contrôles sanguins minimum par an hors compétition) et toutes les équipes. Bravo, il faut continuer et surtout il faut espérer que cela se généralisera à tous les sports.

    Alors, maintenant revenons au sport et essayons de voir ce que nous Français pouvons espérer comme résultats qui vont flatter notre orgueil national. Tout d’abord, on peut espérer que Loeb conserve son titre en championnat du monde des rallyes. Gronholm parti, la voie est libre pour celui qui va avoir une carrière à la Schumacher avec tous les records dans sa discipline. Ensuite, il y a Joubert, en patinage artistique. Il a tout gagné l’an passé, mais il vient d’être malade en novembre. Cela étant, il a assez de classe pour conserver ses titres de champion du monde et d’Europe.

    Après il y a le football avec Lyon en Ligue des Champions et l’Equipe de France à l’Euro. Dans les deux cas, nous avons une chance au même titre que beaucoup d’autres clubs ou équipes nationales. Nous en avons sans doute de plus sûres dans les compétitions européennes de rugby avec pour les clubs le Stade Toulousain et Clermont. Quand au Quinze de France, la longue parenthèse Laporte fermée, il va falloir repartir sur de nouvelles bases. Comme les grands joueurs ne manquent pas, ce devrait être cette année l’an 1 de la reconstruction d’une équipe qui aura pour mission de remporter, enfin, la Coupe du Monde en 2011, la France  étant la seule grande nation à n’avoir jamais gagné la Coupe du Monde de rugby.

    Il reste à souhaiter aussi que Brahim Asloum conserve son titre mondial en boxe, catégorie mi-mouche, en espérant qu’il unifie le titre pour devenir une vraie référence dans son sport. Nous souhaiterons la même chose pour ceux qui dans d’autres sports que je connais peu (ou pas du tout) détiennent une couronne mondiale. De toutes façons pour la plupart d‘entre eux, ils auront les Jeux Olympiques pour se faire valoir auprès du grand public. Les escrimeurs, les rameurs, les kayakistes, les haltérophiles, les lutteurs notamment, bénéficient dans les années olympiques d’une exposition médiatique à laquelle ils ne sont pas habitués.

    Et nous en arrivons à nos chances de médaille aux Jeux de Pékin. Espérons qu’en athlétisme, nos meilleurs athlètes seront au maximum de leurs possibilités au moment des Jeux. Dans ce cas, on peut attendre un certain nombre de médailles avec Christine Arron, Muriel Hurtis, Eunice Barber, Ladji Doucouré, Leslie Djhon, Marc Raquil, Medhi Baala, Yoann Diniz, et pourquoi Bob Tahri ou Romain Mesnil.  Avec les relais, cela pourrait nous donner jusqu’à 8 ou 10 médailles, ce qui serait magnifique.

    En natation, la moisson pourrait aussi être de cet ordre avec Laure Manaudou, Bernard et les relais. Le cyclisme sur piste pourrait nous réserver de belles surprises, même si nous ne pouvons que regretter la suppression du programme olympique de cette merveilleuse épreuve qu’était le kilomètre. Malgré tout avec Baugé, Bourgain, Sireau et même Arnaud Tournant, sans oublier Clara Sanchez, nous avons des chances sérieuses de podium et de titre.  Sur route ce sera évidemment plus difficile et mieux vaut ne pas trop y penser.

    En tennis, nous compterons une fois de plus sur Amélie Mauresmo et pourquoi pas sur Gasquet, mais les chances de médaille ne sont pas très nombreuses d’autant que les joueurs et joueuses commencent à faire des Jeux un objectif. C’est le cas des deux numéros un, Roger Fédérer  et Justine Hénin. Enfin, parmi les sports que je connais un peu, on peut attendre un exploit des handballeurs qui ont conquis par deux fois depuis 10 ans le titre de champion du monde, ainsi que des judokas avec  une chance sérieuse de remporter le titre suprême en toutes catégories, avec Riner comme porte-drapeau.

    J’espère ne pas avoir oublié trop de disciplines, et à ce titre je vous prie de bien vouloir m’excuser. J’ai surtout évoqué les sports que je connais bien, que j’ai pratiqués, que j’aime depuis toujours. En tout cas, si mes pronostics se réalisent, ce sera une très belle année pour le sport français. J’en profite pour formuler deux vœux bien particuliers : que la France se découvre enfin un espoir dans le cyclisme sur route, et que Sébastien Bourdais s’impose dès cette année comme un des meilleurs pilotes de Formule 1. Là, ce ne serait plus seulement une belle année, ce serait tout simplement historique.

    Michel Escatafal

    January 01

    A quoi tient une destinée?

     

     

    A quoi tient le destin d’un homme ou d’une équipe ? A peu de choses finalement,  et pourtant on peut passer de l’anonymat à la légende et à la postérité sur un simple fait banal, par exemple en étant victime d’une blessure et chacun sait qu’elle relève de la vie de tout compétiteur. Quel est le sport où la crainte d’une blessure n’existe pas ? Pour ma part, je n’en connais pas. Certes il y a des joueurs, des athlètes à qui cela arrive plus souvent qu’à d’autres, mais tous ont cette épée de Damoclès sur la tête. Et puis, si la blessure n’est pas suffisante, il y a la chute pour les cyclistes tant sur la route que sur la piste. Parfois aussi, on peut profiter de cette blessure pour prendre la place d’une autre,  et réaliser des exploits auxquels on se songeait pas auparavant.

    Ce fut le cas notamment au cours de la première Coupe du Monde de Rugby en 1987. A ce propos, la France n’a pas inventé beaucoup de sports, au contraire de la Grande-Bretagne à qui l’on doit entre autres le football, le tennis, le golf et le rugby, mais elle a le don de susciter la création de grandes épreuves aujourd’hui planétaires. Pour n’en citer que trois, il y a eu la Coupe du Monde de football (idée de Jules Rimet), la Coupe d’Europe des clubs Champions (idée de Gabriel Hanot) et la Coupe du Monde de Rugby (idée d’Albert  Ferrasse). A noter d’ailleurs que ces épreuves que nous créons, nous les gagnons rarement ou jamais, mais les Anglais ne sont pas meilleurs que nous.

    En 1987, ce n’est pas des Anglais dont nous allons parler à l’occasion de la Coupe du Monde, mais des Australiens et des Néo-Zélandais qui étaient à l’époque les maîtres de ce sport magnifique qu’est le rugby. Cette Coupe du Monde disons-le n’avait guère attiré les médias à une époque où le rugby était encore un sport semi-professionnel, pour ne pas dire amateur. On en parlait parce que l’Equipe de France y participait mais le rugby, comme c’est encore le cas, souffrait d’une audience planétaire extrêmement réduite.

     En fait, il y a une douzaine de nations dans lesquelles le rugby est un sport qui compte : les 4 nations britanniques, la France et à un degré infiniment moindre l’Italie, puis l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Iles Fidji, les Tonga et l’Afrique du Sud qui en 1987 était interdite de compétition à cause de l’apartheid. Depuis cette époque, l’Argentine a rejoint le groupe des nations majeures grâce à une génération exceptionnelle de joueurs opérant tous en Europe. Mais quand cette génération se sera éteinte, qu’adviendra-t-il du rugby argentin ?

    Comme nous le voyons, en 1987, la concurrence n’était pas féroce dans cette Coupe du Monde et l’accès au ¼ de finale facile. D’ailleurs en matches de poule  les Français avaient été médiocres, arrachant tout juste le match nul contre l’Ecosse grâce à un coup de génie de Blanco, ce qui nous permettait d’éviter les All Blacks en ¼ de finale. On avait juste passé 70 points au Zimbabwe, match au cours duquel Didier Camberabero, fils de son père Guy et neveu de Lilian, marqua 30 points ce qui constitue le record pour les Français en match international.

    Didier Camberabero n’avait pas été sélectionné pour cette Coupe du Monde, mais comme un joueur  s’est blessé juste avant la Coupe du Monde, il a fallu le remplacer et ce fut lui qui fut choisi. Ensuite, même s’il disputa le match contre le Zimbabwe, il n’aurait sans doute jamais été titulaire si un autre joueur ne s’était blessé durant la compétition. Alors, on le choisit pour ses talents de buteur et on le place au poste d’ailier avec le n°14 pour la demi-finale contre l’Australie à Sydney. Et là il réussit son chef d’œuvre, lui l’ouvreur de toujours, lui le joueur dont on ne voulait pas, lui l’appelé de dernière minute. Il sera même le héros d’un match qui restera peut-être le plus accompli que le Quinze de France ait produit en réussissant presque tous ses coups de pied et en participant largement au jeu.

    Il suffit de décrire le dernier essai d’Australie- France qui ouvre à la France les portes de la finale de la Coupe du Monde 1987. Nous sommes dans les arrêts de jeu,  Berbizier sort le ballon d’une mêlée dans les 30 mètres français, le transmet à Blanco en position de demi d’ouverture qui fait une passe peu précise et sans doute un peu en avant à Didier Camberabero qui, malgré tout, réussit à récupérer le ballon et donne ce que l’on appelle un coup de pied de recentrage sur lequel se précipitent un Français et un Australien qui manquent tous deux le ballon. Résultat, celui-ci dans la confusion est récupéré par les Français qui se le transmettent de main en main avec une percée de Charvet  en bout de ligne à droite.

     Celui-ci, au moment d’être pris, se retourne et redonne le ballon à Berbizier qui fait une longue passe sautée pour Lagisquet en position de centre qui perce à nouveau, se retourne et fait une passe reprise légèrement en avant par Rodriguez. Ensuite ce dernier transmet le ballon à Blanco qui après une course irrésistible de 20 mètres aplatit en coin tout près du poteau gauche. Cet essai,  transformé du bord de la touche par Camberabero donne à la France la victoire par 30 à 24.

    Au total, une dizaine de joueurs différents ont touché le ballon, dont certains comme Blanco étaient au départ et à la fin de l’action. Tout y était : l’intensité, la dextérité, la chance aussi un peu pour ce que beaucoup appelleront l’essai du siècle. Des essais du siècle, il y en aura beaucoup d’autres, dont un à Twickenham marqué par Saint-André en 1993 sur un coup de génie de… Didier Camberabero.  Finalement ce joueur, beaucoup décrié à son époque, qui jouait avec une perruque à la place des cheveux qu’il avait perdus très tôt, restera dans l’histoire du Quinze de France comme un de ceux qui auront le mieux symbolisé l’esprit du rugby français.

    Nous aurons bien évidemment l’occasion d’évoquer de nouveau l’histoire du rugby français tellement ce sport nous a apporté de joie et a flatté, disons-le, notre chauvinisme. Entre le grand Lourdes des années 50, les arabesques des Boniface dans les années 60, l’équipe de Fouroux des années 70, les grands chelems des années 90 et 2000, sans oublier les exploits en Coupe d’Europe du Stade Toulousain ces dernières années, nous avons de quoi dire.

    En attendant, comme nous sommes le 1er janvier 2008, je vous souhaite à tous une bonne et heureuse année, pleine de grandes joies sportives. Le Stade Toulousain ou Clermont qui gagnent la Coupe d’Europe de rugby, Loeb qui remporte un cinquième titre consécutif en rallye, Lyon que remporte la Ligue des Champions en football, la France qui gagne l’Euro dans la foulée, Christine Arron, Eunice Barber, Muriel Hurtis, Baala et Doucouré  champions olympique, Amélie Mauresmo qui gagne Roland-Garros, Joubert qui garde ses titres en patinage etc., etc.

    Michel Escatafal

    December 31

    La magie du "noble art"

    Ray Sugar Robinson (1921-1989)
     

    Je n’ai jamais boxé de ma vie, mais j’ai toujours été fasciné par les boxeurs, du moins les grands champions. Mes premiers émois pour ce sport (j’avais moins de 10 ans) l’ont été pour Ray Sugar Robinson, extraordinaire poids moyen, dont  certains disent qu’il fut le plus grand de tous parce qu’il a rencontré et battu beaucoup de monstres sacrés qui ont laissé une trace dans l’histoire de la boxe (La Motta, Turpin, Graziano, Basilio, Fullmer etc.). Chez les Français à l’époque, la vedette s’appelait Charles Humez parce qu’il était champion d’Europe des poids moyens. J’avais été très triste quand il avait perdu son titre contre un Allemand (Scholz) en 1958.

    Ce qu’il faut préciser c’est que dans les années 50 et même 60 il n’y avait pas cette ridicule litanie de champions du monde avec 17 catégories, et 4 ou 5 fédérations différentes. De plus, les combats pour un titre mondial ou continental se faisaient en 15 reprises et non 12 comme aujourd’hui. Dans ces conditions, quel boxeur de nos jours aurait une chance contre les grands anciens ? Sans doute aucun, car les meilleurs n’affrontent jamais d’adversaires de haut calibre. Et même s’ils battent des boxeurs invaincus, ceux-ci le sont après 15 ou 20 combats professionnels, alors qu’autrefois il fallait généralement avoir rencontré 40 ou 50 adversaires avant d’avoir une chance mondiale.

    J’ai parlé auparavant de Charles Humez, mais dans les années 50 la France a compté 2 vrais champions du monde en 1954 et 57 à savoir Robert Cohen en poids coq (que je n’ai pas connu) et ensuite Alphonse Halimi dans la même catégorie. Ce dernier se rendra très célèbre grâce à la télévision quand, après avoir gagné un combat pour le titre européen contre un britannique au début des années 60, il s’écrira « j’ai vengé Jeanne d’Arc ». Cela dit, cette notoriété ne l’empêchera pas de finir sa vie dans le dénuement malgré des sommes importantes amassées sur les rings américains, européens ou français.

    Un autre boxeur m’a beaucoup fasciné, mais cette fois un peu plus tard. Il s’appelait aussi Ray Sugar, et son nom était Léonard. Comme Ray Sugar Robinson, Ray Léonard était un prodige de vitesse et d’adresse. C’est lui qui mit fin à la carrière de Marvin Marvelous Hagler en 1987, un des deux ou trois plus grands poids moyens, à l’issue d’un combat très crispant et  indécis jusqu’à la fin, mais le verdict fut pour celui qui s’était avéré le plus malin. Pourtant Hagler avait beaucoup d’atouts avant le combat,  et notamment celui d’avoir disputé auparavant une douzaine de championnats du monde, tous conclus par des victoires. Le malheur pour lui est qu’il a affronté un extraordinaire surdoué qui avait arrêté sa carrière en 1982 en raison d’un décollement de la rétine mais qui, ayant été opéré avec succès, a repris sa carrière en 1987 pour rencontrer Hagler.

    Ceux qui me font le plaisir de me lire vont être surpris que je ne parle pas de Cassius Clay devenu par la suite Mohammed Ali, mais aussi de certains boxeurs français comme Bouttier ou Menetrey qui furent d’excellents champions d’Europe. Cela dit, il y a eu beaucoup de grands champions dans ce sport et il faudrait des pages et des pages pour faire le résumé de leurs combats. Il reste à souhaiter, ce qui sera sans doute un vœu pieux, que ce sport très populaire dans la première moitié du 20è siècle retrouve une certaine crédibilité.

    Pour cela il faudrait évidemment que les 4 ou 5 fédérations qui distribuent des ceintures mondiales décident de s’unifier pour n’attribuer qu’un seul titre par catégorie. Il faudrait aussi qu’il y ait, comme autrefois, une véritable hiérarchie pour arriver à combattre pour un vrai titre. Aujourd’hui on voit des boxeurs de 23 ou 25 ans qui n’ont été ni champion de France, ni champion d’Europe, disputer un titre mondial ce qui leur vaut parfois de mettre un terme prématuré à leur carrière.

    A propos de carrière, certains ayant chanté pendant leurs belles années, se trouvent fort dépourvus quand l’heure de la retraite a sonné, et cela n'est pas nouveau. Alors, ils font ce que l’on appelle le combat de trop, ce qui parfois nuit à leur réputation et égratigne leur légende. Cela dit, on ne retient quand même que les bons moments qu'ils nous ont faits passer.

    Michel Escatafal

    December 30

    On l'attendait depuis si longtemps...

     

    Commémoration des victoires françaises (stade Roland-Garros)

     

    1991, année magique pour le tennis français au même titre que 1983 avec la victoire de Noah à Roland-Garros. Des années magiques, notre tennis national n’en a pas eu beaucoup depuis 1946, année  où les Français avaient gagné Wimbledon (Petra) et Roland-Garros (Bernard). Notre pays n’étant pas un grand pays sportif a toujours souffert de régularité dans les résultats. Après une période d’intense domination, grâce à une génération exceptionnelle, on retombe vite dans la médiocrité et souvent pour bien longtemps. Le tennis comme le football n’y ont pas échappé.

    En tennis, tout le monde a entendu parler des fameux Mousquetaires, qui dans les années 20 et 30 ont largement dominé le tennis mondial avec Lacoste, Borotra, Cochet et Brugnon. Je ne les ai jamais vus  jouer bien évidemment,  puisque ils ont vécu leurs plus belles heures sur le court plus de 20 ans avant ma naissance, mais je sais que Lacoste a toujours figuré parmi les plus grands joueurs de tous les temps. Il a gagné sept tournois du Grand Chelem et son revers paraît-il n’avait rien à envier à celui de Rosewall.  Bref,  la France à l’époque était imbattable comme l’Australie dans les années 50 et 60 ou les Etats-Unis un peu après.

    En 1991, l’équipe de France se retrouve un peu miraculeusement en finale, après avoir bénéficié de la défection des joueurs croates en demi-finale (Ivanisevic et Prpic) qui refusèrent de jouer pour la Yougoslavie. Du coup, ils se retrouvent en finale contre les Etats-Unis. Pour une fois, d’ailleurs, les Etats-Unis alignent leur meilleure  équipe et quelle équipe ! En effet, en simple les deux joueurs désignés sont Sampras et Agassi et en double, la paire n°1, Flach et Seguso. Autant dire que battre les Américains à Lyon ressemble à un Everest pour nos joueurs,  dont un (Henri Leconte) sort tout juste d’une grave opération au dos. Il fallait une sacrée dose d’optimisme pour envisager la victoire dans ces conditions, mais Guy Forget était 4è mondial et l'Equipe de France avait pour capitaine un extraordinaire meneur d'hommes.

    Le capitaine à l’époque s’appelait Yannick Noah, celui qui nous avait tellement fait vibrer en 1982 en amenant l’Equipe de France en finale de la Coupe Davis et, surtout, en gagnant les Internationaux de France en 1983. Avec un tel homme il nous semblait que rien n’était impossible,  d’autant qu’il avait insufflé aux joueurs une confiance en eux inébranlable. Or en tennis, plus qu’ailleurs peut-être, la confiance est un atout capital. De plus, en valeur absolue, sur un ou deux matchs les Français pouvaient battre n’importe qui, y compris en double (la paire Forget-Leconte est la seule à avoir été invaincue dans l’histoire de la Coupe Davis). Forget venait d’ailleurs de remporter le tournoi de Bercy en battant Sampras en finale, et Leconte dans un grand jour était imbattable.

    Pour ma part je me souviens surtout du premier soir, le vendredi 29 novembre, où je devais honorer une invitation professionnelle,  ce qui m’empêchait de voir les matchs en direct. Ce fut une soirée à la fois merveilleuse et terrible. Merveilleuse parce que Leconte jouait à un niveau extraordinaire au point de pulvériser Sampras en trois sets, et horrible parce que je ne pouvais pas profiter pleinement du spectacle, même si je réussissais à m’échapper de temps à autre pour voir quelques séquences du match. Agassi ayant battu Forget ensuite, le double allait être décisif. Et là nos nouveaux mousquetaires,  galvanisés par leur capitaine Noah et par un public survolté, récitèrent une partition parfaite agrémentée de quelques coups extraordinaires qui laissèrent pantois les Américains, ceux-ci s’inclinant en quatre sets.

    Il restait à achever le travail le lendemain, pour remporter ce fameux troisième point qui décide de la victoire finale, mais curieusement tout le monde était confiant. En effet, Guy Forget connaissait la forme de sa vie et,  s’il le fallait, Leconte était parfaitement capable sur son nuage de battre Agassi. Finalement, Forget remporta son match sans trop de difficultés en quatre sets, avec une balle de match qu’il négocia comme dans un rêve, une balle à mi-court sur laquelle il marqua un petit temps d’arrêt comme s’il voulait profiter pleinement de cet instant à la fois magique et irréel.

    La France avait gagné la coupe Davis 59 ans après sa dernière victoire dans l’épreuve. Qui plus est, elle l’avait gagnée face aux Etats-Unis et sa formidable armada. Elle l’avait remportée aussi face à une équipe qui était la meilleure possible, ce qui n’est pas toujours le cas. La France gagnera de nouveau en 1996, mais face à la Suède privée d’Edberg son meilleur joueur. Plus probante fut sa dernière victoire remportée  en Australie (2001), sur herbe, avec un Nicolas Escudé  qui remporta ses deux simples dont un contre Hewit qui venait de remporter le Masters. Ce fut une très belle performance, mais la victoire de 1991 restera à jamais comme un des hauts faits d’armes du sport français.

    Michel Escatafal

    December 29

    Un si beau record

     

    Il y a des moments magiques dans la vie de toute personne aimant le sport et ce 1er septembre 1990 en fut un. Les Français ont eu de tout temps des sprinters de qualité, surtout à l'échelle européenne. Mais, surtout, ils ont eu depuis le début des années 60 des relais 4X100 m de très grande qualité. Il n'y a pas de secret à cela : les Français sachant qu'ils allaient moins vite que les Américains ou les Jamaïcains travaillaient beaucoup plus leurs passages de témoin. C'est la raison pour laquelle tous les relais français (masculin et féminin) collectionnent les médailles. Alors, on imagine ce que cela donne quand on a un groupe de sprinters très rapides. C'était le cas avec les Français en 1990 avec Marie-Rose, recorman du monde en salle du 200m, avec Trouabal, Sangouma (2è du 100 m aux championnats d'Europe 1990) et Morinière. Tous valaient entre 10" et 10"15 au 100 mètres. Ils étaient trois en finale sur 100m au championnats d'Europe 1990 et Trouabal était 2è sur 200m.
    En finale ils affrontaient les Britanniques emmenés par Linford Christie, champion d'Europe du 100m en 1990 et futur champion olympique à Barcelone. Le grand combat devait avoir lieu le dernier jour des championnats pour la suprématie européenne. Ce fut somptueux et quand au sortir du dernier virage Trouabal, qui avait fait un fabuleux parcours au même titre que Sangouma dans la ligne droite, passa le relais à Marie-Rose avec environ 1m d'avance j'ai su immédiatement que c'était gagné. Marie-Rose en effet, comme je l'avais prévu, ne perdit quasiment rien sur Christie et les Français l'emportèrent. Restait à regarder le temps réalisé car on sentait qu'on était allé très vite. Verdict : 39"79, c'est-à-dire le record du monde. C'était tout bonnement un des grands exploits du sport français et pourtant tout ne fut pas parfait au niveau des transmissions.
    Les Français confirmeront ce résultat l'année suivante aux championnats du monde, en terminant 2è, médaille d'argent, derrière les Etats-Unis avec le grand Carl Lewis, mais aussi Leroy Burrell, tous deux figurant parmi les plus grands sprinters de tous les temps. Malgré tout ils finirent très proches des Américains, pourtant infiniment plus véloces. Comme quoi le travail paie. Les relais français en ont toujours fait la preuve. D'ailleurs avec 4 sprinters incapables de passer le cap des demi-finales ou quart de finales au championnats du monde de 2005, le relais français avait remporté la médaille d'or du 4X100 m. Cela dit, les Américains avaient été déclassés avant la finale. Cela ramène l'exploit à sa juste proportion, même si cela en fut un d'avoir gagné.
     
    Michel Escatafal
    December 27

    Qui est le meilleur?

     

    Peloton du Tour de France

    Le peloton du Tour de France

     

    Amateur de cyclisme depuis toujours, j’ai essayé très souvent de faire de savants calculs afin de déterminer quel a été le plus grand champion de tous les temps. Faute d’informations fiables, je me suis ensuite cantonné à étudier le palmarès des coureurs cyclistes depuis la fin de la guerre en 1945 jusqu’à nos jours. Bien entendu, je continue de penser que cette méthode n’est sans doute pas la meilleure, en tout cas elle est peut-être la moins mauvaise.

    Il est en effet impensable de comparer des coureurs comme Coppi, Anquetil, Merckx, Hinault, Indurain ou Armstrong et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord,  chaque époque a son champion, mais il y a des périodes où les grands étaient très nombreux. Par exemple dans les années 50, Coppi a dû affronter dans les grands tours Koblet, Bobet, Kubler, Magni, sans oublier Bartali même si ce dernier était vieillissant.

     En revanche, à la notable exception d’Ullrich, aucun coureur ne pouvait réellement rivaliser avec  Armstrong sur le Tour de France. Cela dit, à part le Tour de France, que faisait Armstrong pendant le reste de la saison ? Peu de choses si on compare l’activité qu’avaient un Coppi, un Merckx ou un Hinault qui gagnaient des classiques au printemps, le Giro et le Tour ensuite, le Championnat du Monde, le Grand Prix des Nations contre-la-montre, sans oublier le Tour de Lombardie.

    A ce propos, si nous devons faire des comparaisons, il faut aussi regarder la variété des victoires remportées. Merckx a gagné tous les grands tours et la quasi-totalité des classiques. Hinault à un degré moindre a les mêmes caractéristiques. Coppi également a remporté les Tours de France et d’Italie et s’est imposé dans quelques grandes classiques comme Milan San Remo, Paris Roubaix ou le Tour de Lombardie. En revanche, Anquetil qui fut le roi des rouleurs n’a gagné que Gand-Wevelgem et Liège Bastogne Liège, soit un palmarès dans les classiques quasiment équivalent à celui d’Armstrong  et légèrement supérieur à celui d’Indurain. Il est vrai qu’à part Merckx et Hinault capables de gagner un sprint massif, les autres cracks manquaient de vitesse à l’emballage.

    Autant d’éléments qui démontrent aisément que ces comparaisons ne sont pas faciles, mais qui permettent de se faire une idée comme en témoigne le classement que je vous propose, en précisant que les résultats ne concernent que la route. Sinon, un coureur comme Coppi serait très avantagé avec ses titres en poursuite, car le campionissimo était un très grand pistard tout comme Eddy Merckx. Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’il a passé une partie de ses plus belles années de jeunesse comme prisonnier ou sur les champs de bataille (de 1942 à 1945). Quel serait son palmarès sans cela ?

    Cela dit, pour bien vous montrer que je me jette à l’eau, je vous envoie les résultats de mon "étude" qui donnent quand même de solides indications sur la hiérarchie des coureurs à travers le temps. D’ailleurs qui oserait prétendre que Merckx, Hinault et Coppi ne sont pas un ton au dessus de tous les autres ? Qui oserait contester que Rick Van Looy ait été sans doute le meilleur coureur de classiques ? Qui enfin, peut imaginer que Charly Gaul, l’Ange de la Montagne, et Federico  Bahamontès, l’Aigle de Tolède, n’aient pas été les meilleurs grimpeurs de tous les temps ? Je vous laisse le soin de méditer sur ces affirmations.

    Classement des 20 premiers : Merckx, Hinault, Coppi, Anquetil, Kelly, Bartali, Armstrong, Indurain, Van Looy, Gimondi, De Vlaminck, Bobet, Moser, Kubler, Raas, Zoetemelk, Van Steenbergen, Maertens, Koblet, Rominger.

    Michel Escatafal